UE-Méditerranée

La Zone de libre-échange euro-méditerranéenne (EMFTA) est en « construction » depuis que la Déclaration de Barcelone, un plan de travail, a été adoptée en 1995. Son élaboration se fait à partir d’une série d’accords bilatéraux de libre-échange (appelés accords d’association) entre Bruxelles et chaque État bordant la Méditerranée, et de soi-disant accords de libre-échange (ALE) horizontaux entre les pays méditerranéens qui ne sont pas membres de l’Union européenne (UE), tel que l’Accord d’Agadir.

Les pays en question sont l’Algérie, l’Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Palestine, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. (La Libye n’en fait pas partie en tant que tel, mais fera séparément l’objet d’un accord bilatéral de libre-échange et d’investissement avec l’UE.)

Plusieurs qualifient d’impérialistes et néocoloniales les ambitions de l’UE de développer ce « partenariat » spécial avec les États nord-africains et moyen-orientaux, qui implique non seulement une libéralisation de l’économie et du commerce, mais aussi d’importantes réformes politiques que Bruxelles nomme « rapprochement » des institutions juridiques et politiques des autres pays sur les siennes. Ce qui est d’autant plus significatif si l’on tient compte des plans des États-Unis (ÉU) pour un ALE ÉU–Moyen-Orient. Les deux accords entrent directement en compétition.

L’EMFTA devait être complétée en 2010. Toutefois, une étude d’impact de viabilité relative à l’EMFTA commandée par l’UE anticipe déjà d’importantes conséquences environnementales et sociales négatives. Ce qui complique davantage le processus, c’est que le président français Sarkozy a pris l’initiative de mettre sur pied, en juillet 2008, une Union méditerranéenne, qui implique seulement les pays qui bordent la mer. De plus, plusieurs questions surgissent quant aux raisons pour lesquelles l’UE ne fusionne pas son EMFTA et l’accord avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En septembre 2011, l’UE a annoncé le début de négociations des zones commerciales "profondes et complètes" avec l’Égypte, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie. En février 2012, l’UE et le Maroc ont signé une entente commerciale sur l’agriculture (qui couvre également le secteur des pêcheries). Les critiques notent que l’accord encouragera l’exploitation du territoire contesté du Sahara occidental, que les principaux bénéficiaires seront les multinationales et le roi du Maroc, et que les petits paysans en souffriront.

dernière mise à jour : mai 2012


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