Zone arabe de libre-échange: L’Algérie appliquera la réciprocité

Continental News | le 30/07/2009

Zone arabe de libre-échange: L’Algérie appliquera la réciprocité

L’Algérie réagit face au comportement protectionniste de certains pays membre de la zone arabe de libre-échange (ZALE). Les autorités algériennes s’apprêtent à appliquer le principe de la réciprocité dans l’application des «barrières non tarifaires» sur des produits importés de pays de la ZALE, qui soumettent les exportations algériennes aux mêmes mesures protectionnistes une fois débarquées sur leur sol. Le directeur général du Commerce extérieur au ministère M. Cherif Zaâf a indiqué, mardi, à l’APS qu’une réglementation va être promulguée très bientôt et prendra la forme de procédures administratives ou relatives aux normes de produits, ainsi que des mesures sanitaires ou phytosanitaires des importations algériennes en provenance des pays de la ZALE. Des barrières non tarifaires appliquées dans certains pays empêchent les exportateurs algériens de profiter pleinement de leur marché.

L’Algérie «avait supprimé toutes les barrières non tarifaires depuis la mise en oeuvre du programme d’ajustement structurel» durant les années 1990. M. Zaâf a souligné que «pour l’adhésion de l’Algérie à la ZALE, entrée en vigueur à compter du 1er janvier 2009, notre pays n’avait à supprimer que ce qui restait des droits de douane en vigueur». L’adhésion à la ZALE offre aux entreprises exportatrices à l’intérieur de cette zone des avantages notamment en matière d’exonération fiscale. En 2007, Alger avait demandé à la Ligue arabe de bénéficier d’une période de transition avant cette adhésion, afin de «faire un démantèlement progressif des droits de douane et de ne pas aborder d’une façon frontale son entrée dans cette zone».

La zone arabe de libre-échange est entrée en vigueur en janvier 2007, avec la participation de 17 membres de la Ligue arabe sur 22. Les pays membres ont progressivement éliminé leurs droits de douane les uns vis-à-vis des autres. En Algérie le débat fait rage quant à l’utilité de cette adhésion.

La Chambre algérienne du commerce et d’industrie (CACI) voit d’un bon oeil l’adhésion de l’Algérie à la zone arabe de libre-échange (ZALE). Son président Mohamed Chami a défendu, récemment, la décision algérienne de faire partie de cet espace économique et commercial arabe. «L’objectif de cette adhésion est d’avoir une disponibilité de nouveaux débouchés pour les produits algériens», a-t-il indiqué.

Le produit algérien a, selon lui, beaucoup de mal à se placer sur le marché européen en raison des exigences en matière de normes de qualité et d’emballage appliquées dans ces pays. En revanche, le FCE avait émis des inquiétudes après l’adhésion de l’Algérie à cet espace économique, craignant une forte concurrence surtout dans le secteur agroalimentaire. Les industriels algériens payent les droits de douane pour les matières premières alors que les exportateurs arabes ne vont pas le faire pour les produits finis. Conséquence: les produits seront moins chers que leurs concurrents algériens. Un problème qui n’a toujours pas été réglé. Les industriels ont appelé à une meilleure protection de la production nationale sans remettre en cause l’accord d’adhésion à la ZALE. En 2008, les échanges entre l’Algérie et les pays arabes ont été de l’ordre de 2,4 millions de dollars. Des échanges qui profitent toutefois notamment moins à l’Algérie qu’à ses partenaires arabes.

Amine L.

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