Avec l’APE et la ZLEC, l’émigration clandestine va exploser

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Coalition Nationale Non aux APE | 8 décembre 2016

Avec l’APE et la ZLEC, l’émigration clandestine va exploser

La Coalition Nationale NON AUX APE prendra part au débat sur les migrations ce jeudi 08 décembre 2016 autour du thème « Dilemme migration-Partir ou Rester ? Les jeunes africains en quête d’avenir » organisé par la Deutsche Welle et Excaf Télécom. Sur le carton d’invitation : « De nombreux pays d’Afrique, dont le Sénégal, sont concernés par l’émigration clandestine. De plus en plus de jeunes gens n’hésitent pas à tout abandonner pour rejoindre l’Europe, dans des conditions de sécurité extrêmement précaire. Qu’est-ce qui les pousse à partir ? Quelle mesure sont prises par le gouvernement pour les retenir ? ».

En 2014, il y avait tous les jours 14 sénégalais qui traversaient la mer Méditerranée pour l’Italie. Combien sont restés dans le désert, dans l’océan Atlantique ? La question à se poser, selon la Coalition, est : est-ce que ces jeunes émigrent clandestinement parce qu’ils sont des jeunes ou sont-ils socialement déterminés par leur propre oppression économique, sociale et politique à tenter « Barça ou Barsax » ?
En deux mois (octobre et novembre 2016), il y a eu au moins deux tentatives avortées : la première avec une vingtaine de jeunes et la deuxième avec une trentaine de jeunes dans la zone de Kafountine.

Ces jeunes qui émigrent clandestinement ne sont ni filles ni fils de ministres ou de députés ou encore de diplomates dont les conjoint(e)s bénéficient depuis peu de 500 mille par mois ou de ceux qui bénéficient des 9 milliards de fonds secrets de la Présidence, de l’Assemblée Nationale, du Haut Conseil des Collectivités Territoriales…Ces jeunes sont originaires de Sédhiou où 68,3% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, de Ziguinchor, de Fatick avec un taux de pauvreté respectif de 67% et 68%. Ces jeunes fuient l’insécurité alimentaire qui a frappé 484.000 et 1,5 millions de sénégalais en 2016 et 2015 et la pauvreté qui consume plus de 57% des sénégalais. Ces jeunes sont des exilés politiques, économiques et sociaux comme ces jeunes sénégalaises qui font l’objet de traite et qui sont « vendues » dans les pays du Golfe comme domestiques et dont la situation finit dans des drames comme celui de Mbayang. Ces jeunes femmes ne veulent pas être de ces 33.000 sénégalaises qui sont condamnés à voir mourir chaque année leur enfant de moins de 5 ans.

L’émigration clandestine, avec la criminalité, les violences faites aux femmes, est un des symptômes de l’oppression du Sénégal. Quand un pays ne bénéficie que de 3% de son or et qu’il ne va jouir que de 10% de son pétrole et certainement jouit dans les mêmes proportions de ses autres ressources, quand depuis plus de 30 ans il subit les diktats du FMI et de la Banque Mondiale, quand son économie est entre les mains du capital étranger…il ne lui restera que très peu de ressources pour faire face à besoin du peuple. Et quand ces faibles ressources qui restent sont vampirisées par les dirigeants il est normal que cela saigne pour le peuple.

Cela n’est pas propre au Sénégal ou à l’Afrique. Face à la crise économique, les banlieues européennes explosent, les jeunes se radicalisent, des agriculteurs se suicident, le racisme augmente, l’extrême droite se développe…

Ce qui est par contre, jusqu’ici, propre à l’Afrique c’est d’être le continent ou l’écrasante majorité des dirigeants d’hier comme d’aujourd’hui sont des collaborateurs de ce système caractérisé par l’absence de souveraineté.

Le Sénégal est dans un continent où les pays utilisent une partie de leur PIB pour payer aux investisseurs étrangers. Ainsi, dans la dernière décennie l’Afrique a consacré 5% de son PIB à cela contre 0,5% en Chine, 0,7% en Inde, -0,6% pour les pays à haut revenu de l’OCDE, -2,3% pour le Japon. En 2011 le taux de profit des investissements directs étrangers était à 7,2% au niveau mondial : 4,8% en Europe, 8,4% dans les pays sous-développés…

Pour la Coalition, c’est cette structure de l’économie des pays africains qu’il faut changer. En lieu et place de ce changement structurel des relations de l’Afrique avec le reste du monde, nous constatons la signature des Accords de Partenariat Economique (APE), la promotion d’une Zone de Libre-échange Continentale (ZLEC) au service des multinationales, l’installation des bases militaires (ou la signature d’accords militaires) françaises, états-uniennes, chinoise, allemande…qui vont renforcer son sous-développement.

Autrement dit, avec l’APE et la ZLEC, l’émigration clandestine va exploser.

C’est pourquoi, pour la Coalition face à l’oppression des peuples africains, les deux termes de l’alternative qui s’offrent aux peuples et donc aux jeunes sénégalais(e)s est : collaboration ou libération ?

Faisons le choix de la libération.

Dakar, le 08 Décembre 2016

Contact:
Coalition Nationale Non aux Accords de Partenariat Economique
Email : coalitionnonauxape@gmail.com
Facebook : Coalition Nationale Non Aux APE
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Téléphone : (221) 78 116 98 66/ 70 514 15 88
Dakar/Sénégal

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