Cet accord de libre-échange qui pourrait entrainer la disparition "de 20.000 à 30.000 éleveurs français"

BFMTV | 22 novembre 2017

Cet accord de libre-échange qui pourrait entrainer la disparition "de 20.000 à 30.000 éleveurs français"

Bruno Dufayet, président de la fédération nationale bovine, est venu ce mercredi dans Bourdin Direct alerter sur la possible signature d’un traité de libre-échange entre l’Union européenne et l’Amérique du Sud. Un traité qui permettrait, selon lui, l’arrivée massive en France de viandes issus d’élevages où sont autorisés OGM, farines animales et hormones de croissance.

Un accord de libre-échange entre des pays sud-américains du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) et l’Union européenne pourrait être signé d’ici décembre. Une perspective qui inquiète au plus haut point les éleveurs français, car il pourrait permettre l’importation en France de viandes venus du brésil où les conditions d’élevage, l’alimentation et l’abattage des bœufs posent problème.

"C’est très inquiétant (…) On est sujets à une entrée massive de viande venant de cette région où le modèle d’élevage est complètement différent du nôtre, dénonce Bruno Dufayet, président de la fédération nationale bovine, ce mercredi dans Bourdin Direct. On a dans ces pays des pratiques interdites en Europe et en France: hormones, farines animales, OGM, activateurs de croissance… On n’a pas de traçabilité sur ces viandes, issues d’exploitations gigantesques de plusieurs milliers d’animaux, qui ont participé de façon massive à la déforestation d’ailleurs."

"C’est de la viande qui, au niveau prix, va faire des dégâts énormes chez les éleveurs français. Si on cumule CETA et accord Mercosur, 20 à 30.000 éleveurs vont disparaître", alerte l’éleveur.

"Manifestation le 28 novembre"

"A l’heure des états généraux de l’alimentation, qui prônent les exploitations durables, on est prêt à faire entrer dans notre pays ce type de viande", déplore Bruno Dufayet. "Nous sommes contre cet accord et nous manifesterons le 28 novembre devant toutes les préfectures de nos départements d’élevages, annonce-t-il. On demande à nos députés de ne pas ratifier l’accord CETA, et nous demandons à Emmanuel Macron de mettre en place une commission d’expert pour évaluer les conséquences de ce type d’accords"

source: BFMTV