Economie. Libre-échange. Etats-Unis & Afrique du sud: un bras de fer révélateur

JPEG - 142.9 kb

MamAfrika TV | 5 janvier 2016

Economie. Libre-échange. Etats-Unis & Afrique du sud: un bras de fer révélateur

Par K.D.W.

La démocratie est une tradition, au grand dam des Africains qui n’aiment pas les traditions. La démocratie, celle qui intéresse le monde actuel, vient de la Grèce. Mais sachez-le, la démocratie est la revanche du pouvoir, c’est-à-dire la tyrannie grecque, sur le peuple grec. En effet, les tyrans de la Grèce antique, ont réussi le coup de maître de se servir de l’expression de la volonté populaire, de vider celle-ci de son contenu puis d’inventer un concept vide de sens, juste pour calmer les ardeurs de leurs peuples de plus en plus avides de liberté, pour continuer à s’imposer et à régner sans partage : l’illusion. La démocratie est, donc, une vielle arnaque emballée dans un beau paquet-cadeau, sachant que seul le paquet-cadeau s’embellit d’année en année et ce, depuis des siècles. Or, l’Amérique est, aujourd’hui, la représentante officielle de cette même vieille arnaque emballée dans du beau papier-cadeau qui fait croire que chaque jour, c’est Noël. Et c’est cette même Amérique qui exerce, en ce moment, une terrible pression sur l’Afrique du sud, accusée de protéger ou de fermer son marché aux produits américains.

L’Agoa: African growth and opportunity act

En 2000, les Etats unis ont promulgué une loi nommée Agoa (African growth and opportunity act) soit la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (terme pompeux et trompeur). De quoi s’agit-il? Il s’agit d’une loi américaine qui permet aux pays africains remplissant certaines conditions, d’exporter en franchise de droit plus de 6000 produits aux Etats unis. Ces pays africains ont la promesse de devenir plus compétitifs par la création d’emplois et le développement de leurs économies locales. Ils combattront ainsi la pauvreté, dit-on, grâce aux échanges commerciaux. Bien qu’elle ait l’air d’un geste digne d’un philanthrope, cette loi porte le nom plus expressif de « traité de libre-échange ». Mais les Africains ne sont pas dupes, en ce sens qu’ils comprennent bien que les Américains aussi ont besoin de pétrole et de marché pour écouler leurs marchandises. Aussi, Jacob Zuma n’a-t-il pas tardé à découvrir qu’Obama, qui est exigeant à son égard, ne respecte pas toujours, de son côté, la loi qu’il prétend protéger et faire appliquer. Deux phénomènes dans les exportations américaines vers l’Afrique du sud, ont fait réagir les autorités du pays: le dumping et la qualité douteuse du porc et du boeuf. Quant à la volaille américaine, elle est depuis la crise de la grippe aviaire, simplement interdite d’importation. De fait, cela fait plusieurs années de bras de fer entre Washington et Pretoria, parce que la capitale administrative sud-africaine exerce, depuis belle lurette, un blocus sur les produits américains. Et Obama a donné un ultimatum à Zuma qu’il menace d’exclure de l’Agoa, s’il ne retrouve pas les réflexes politiquement correctes, un ultimatum qui expire ce 4 janvier 2016.

Les fausses pistes longtemps sillonnées

A force de courir après la sophistication, les Africains ont fini par perdre le bon sens que d’autres ont perdu avant eux. La vie illusoire, la recherche forcenée de l’artifice, encouragée par le virtuel que sert un monde en constante chute libre. Tel est le leitmotiv imposé par la civilisation du matériel, de l’apparence et donc du vide, un vide plus profond que le vide sidéral. Peut-on partir en laissant son cerveau derrière soi? Pourquoi il suffit que n’importe quelle proposition tombe du nord, pour que les élites africaines plongent dessus avant analyse? Qui peut croire que c’est le libre-échange qui va sauver les pays africains, en les rendant plus compétitifs, en créant sur place des emplois, en développant leurs économies, combattant ainsi la pauvreté grâce aux échanges commerciaux? Comment tout le monde peut courir après l’Afrique, criant haut et fort que c’est là que ça se passe, pendant que les Africains ignorent leurs attrayantes potentialités et courent après ce que tout le monde fuit? Pourquoi l’Afrique a besoin d’importer des produits agricoles ou alors d’exporter ses maigres aliments? Pourquoi les pays africains qui ont une si grande envie d’exporter, n’échangent pas, en priorité, avec les autres pays africains? La presque totalité des experts, affirme que la réalisation de l’autosuffisance alimentaire, par les Etats Africains, est la condition sine qua non du développement. Peut-on atteindre cette autosuffisance alimentaire par le biais des importations, ou du libéralisme économique qui, en réalité, ne fait que le bonheur des pays déjà industrialisés du nord et d’ailleurs?

Pourquoi pas un plan africain?!

D’abord, il faut cesser de croire, ou de faire croire, que c’est l’école qui rend intelligent. ça aiderait à décomplexer. Celui qui est intelligent, c’est celui qui observe son environnement (en priorité), écoute puis réfléchit sur ce qu’il voit, ce qu’il entend. Puisque « l’homme vigilant », qu’il est maintenant, veut être à l’aise dans son environnement (comme tout le monde), il trouvera naturellement l’astuce, avec les moyens du bord. Les yeux, les oreilles, le cerveau et les mains suffisent pour créer ce qui va mettre à l’aise immédiatement. Ensuite, l’agriculture étant le secteur de base pour lancer le développement en Afrique, comment le vigilant doit procéder, afin qu’il arrive à ne plus dépendre? L’argument, dans les pays africains, qui fait délaisser la culture de la terre, c’est la sécheresse! C’est dommage que les Africains se soient détournés de leur passé, car auraient-ils compris que, loin d’être nouveau, le problème de sécheresse avait déjà été résolu par leurs ancêtres ! En effet, ceux-ci irriguaient les champs avec l’eau provenant des cours d’eau ou des puits, en l’absence de pluie. Ils faisaient ainsi pousser toutes sortes de plantes. Les plantes impactaient sur l’atmosphère qui, à son tour, provoquait les précipitations. Puis les terres arrosées par le ciel, n’avaient que ponctuellement besoin de l’irrigation. Les hommes s’alimentaient, se soignaient et s’abritaient, aisément. Le bétail se nourrissait mieux grâce aux pâturages, il produisait en lait, en viande et autres, et se reproduisait mieux. Bref! Ce scénario est-il une fiction ou une utopie? Combien sa réalisation coûtera à un village, à une région ou à un pays africains? L’Afrique manque-t-elle d’yeux, d’oreilles, de cerveaux, de bras ou c’est juste les nations africaines qui sont tentées par Hollywood ?!

source: MamAfrika TV