L’ALENA 2.0, prenez garde aux détails

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PHOTO: Boris Proulx

Le Bulletin des Agriculteurs | 4 octobre 2018

L’ALENA 2.0, prenez garde aux détails

Les représentants des producteurs laitiers du pays rencontraient jeudi le premier ministre Justin Trudeau à Montréal à la suite de la signature in extremis du renouvellement de l’ALENA, ou AEUMC (Accord États-Unis-Mexique-Canada). Il a été question des clauses de l’AEUMC, des moyens de compenser les producteurs, ainsi que des conséquences des conflits commerciaux entre la Chine et les États-Unis pour les producteurs de porcs et de céréales

Le débat se poursuit d’ailleurs sur les conséquences de l’accord pour les secteurs agricoles sous gestions de l’offre et les autres secteurs. D’ici à ce que les détails soient davantage connus, un aperçu des changements qu’apporte la nouvelle entente commerciale.

Lait

.Le nouvel accord permet aux États-Unis d’accéder à une part supplémentaire du marché canadien des produits laitiers, soit 3,6% (3,59). Il élimine également les classes 6 et 7, qui tarifaient le lait canadien à un prix concurrentiel avec le lait américain afin de concurrencer les isolats de protéines de lait et de vendre du lait écrémé en poudre.

.Le nouvel accord limite les exportations canadiennes de poudre de lait écrémé, d’isolats de protéines de lait et de préparations pour nourrissons.

.Pour le lait écrémé en poudre et les concentrés de protéines de lait, le plafond d’exportation global sera de 55 000 tonnes la première année suivant l’entrée en vigueur de l’accord, pour descendre à 35 000 tonnes la deuxième année. Les exportations dépassant ce seuil se verront facturer une surtaxe à l’exportation de 0,54 dollar canadien le kilogramme. Ces plafonds sont nettement inférieurs à ce qui est maintenant exporté.

.Pour les préparations pour nourrissons, le plafond d’exportation sera de 13 333 tonnes la première année, puis de 40 000 tonnes la deuxième année et les suivantes. Au-dessus de ce seuil, les exportations feront face à un supplément de 4,25 dollars canadiens par kilogramme.
.Les deux plafonds seront augmentés de 1,2% par an, ce qui équivaut à la croissance démographique historique du Canada.

.Les deux pays examineront ce pan de l’accord cinq ans après son entrée en vigueur et tous les deux ans par la suite.

. Il semble que le Canada sera en mesure de fixer le prix du lait écrémé en matières solides utilisé pour produire du lait en poudre, des isolats de protéines de lait et des préparations pour nourrissons aussi bas que le prix américain dans les limites de ses quotas d’exportation. Cela devrait permettre au lait canadien de continuer à déplacer les importations.

Poulet

.Les importations de poulets en provenance des États-Unis atteindront 57 000 tonnes d’ici la sixième année de l’accord, soit 1% en 10 ans. Les États-Unis pourront continuer à exporter jusqu’à 39 844 tonnes métriques dans le cadre du régime de contingent tarifaire canadien de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les Producteurs de poulet du Canada que 10% de son marché a été aux importations.

Œufs

.Dix millions de douzaines d’oeufs et d’équivalent seront autorisés au cours de la première année de l’accord, avec une croissance de 1% pour 10 années supplémentaires. Le Canada a accepté d’autoriser 30% des licences d’importation d’oeufs en coquille à être également accordées. Comme pour le poulet, les États-Unis pourront continuer à exporter jusqu’à 21,37 millions de douzaines d’œufs et d’équivalents d’œufs dans le cadre du régime tarifaire de quota du Canada, prévu par l’OMC.

Dinde

.Le Canada a accepté de fournir aux États-Unis et aux autres pays membres de l’Organisation mondiale du commerce un accès équivalent à 3,5% de la production totale de dindon canadien de l’année précédente. Cela permettra aux États-Unis d’exporter jusqu’à 1 000 tonnes de produits de dinde chaque année pendant les 10 prochaines années, par rapport à l’accès actuel.

Œufs d’incubation

.Près de 21,1% des œufs d’œufs à couver canadiens sont déjà distribués aux États-Unis en vertu de l’ALENA. Aucun changement n’est inscrit à ce chapitre.

Compensation

Le premier ministre Trudeau a indiqué avant sa rencontre que des compensations seraient versées aux producteurs en raison des concessions faites par les accords commerciaux successifs (PTP et AECG). Justin Trudeau a jouté qu’il demanderait le type d’aide souhaitée par le secteur laitier. Il a admis que le « les producteurs laitiers, eux, vont en souffrir un petit peu à différents niveaux ». Les producteurs de lait et de poulet ont perdu 10% de leur marché avec les trois accords. L’UPA estime les pertes en valeur de quotas à 2G$.

PS: Une clause limiterait aussi ce que le Canada peut exporter au niveau des produits laitiers aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Une prime s’ajouterait en cas de dépassement. Les États-Unis aurait également un droit de regard sur de futures modifications à la gestion de l’offre.

Source: Presse canadienne, Farmtario, UPA