Le Mercosur prêt à négocier un accord commercial avec l’UE

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EurActiv | 10 mars 2017

Le Mercosur prêt à négocier un accord commercial avec l’UE

Les ministres des Affaires étrangères du Mercosur ont adopté une position commune pour entamer des négociations sur un accord commercial avec l’UE. Les représentants européens se rendront en Argentine la semaine prochaine pour entamer le dialogue avec leurs homologues sud-américains. Un article d’Euractiv Espagne.

Les ministres des Affaires étrangères d’Argentine, d’Uruguay, du Paraguay et du Brésil se sont rencontrés le 9 mars à Buenos Aires pour évoquer les points fondamentaux des négociations à venir. À la suite de changements dans le paysage géopolitique mondial, la représentante argentine, Susana Malcorra, et ses trois homologues ont adopté une position commune. Elle a souligné « l’énorme intérêt » du groupe à négocier un accord de libre-échange avec l’Union européenne.

« Les négociateurs européens arriveront d’ici dix jours. C’est pourquoi nous avons défini notre stratégie au niveau politique », a expliqué Susana Malcorra après la rencontre. Elle a cependant refusé de rentrer dans les détails des sujets abordés.

À l’occasion de la rencontre, elle a précisé que le dialogue ouvert par le Mercosur avec l’UE représentait « l’une de ces occasions en or que l’on ne peut pas laisser passer » et a souligné qu’il était nécessaire d’avoir une « stratégie bien définie » avant d’entamer les négociations.

Son homologue uruguayen, Nim Novoa, a quant à lui indiqué que le Mercosur était en pleine renaissance et qu’il fallait en profiter pour renforcer l’intégration régionale. « Les attentes sont grandes pour une région telle que la nôtre qui fournit, entre autres choses, des produits agricoles », a déclaré Nim Novoa.

Le ministre paraguayen des Affaires étrangères, Eladio Loizaga, veut une communauté économique « dynamique, ouverte au monde et aux relations extérieures, prônant la libre circulation des biens et des citoyens », parce que c’est ce qui stimule la croissance.

D’après Susana Malcorra, qui s’est exprimée le 8 mars lors d’un événement organisé par The Economist, dans un monde où le multilatéralisme est en déclin, l’UE a devant elle « une occasion unique » de relancer ses « principes » et de retrouver son rôle de leader, par le biais d’accords tels que celui qui se profile avec le Mercosur.

La ministre argentine s’est montrée optimiste quant à la conclusion d’un accord en négociation depuis plusieurs années et dont les discussions ont bien trop souvent laissé place à la frustration. Elle a ajouté que les discussions étaient pour l’instant davantage de l’ordre politique qu’économique.

Tension sur le secteur agricole

Elle a cependant averti que les institutions européennes « ne pouvaient pas espérer un accord » ne tenant compte que de « leurs propres intérêts » et « n’incluant pas l’industrie agricole », le secteur qui a suscité le plus de tensions entre les deux communautés économiques.

Les négociations pour un accord d’association entre le Mercosur et l’UE ont débuté il y a presque vingt ans, en 1999, mais ont finalement cessé après les premières offres d’échange d’accès au marché en 2004. Les discussions ont été paralysées jusqu’en 2010, date à laquelle les deux parties ont décidé de relancer le processus.

Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Aloysio Nunes, a également participé à la rencontre du 9 mars, à laquelle n’était pas convié son homologue vénézuélien, Delcy Rodríguez, dont le pays a été suspendu du marché commun le 1er décembre 2016.

La situation au Venezuela était aussi à l’ordre du jour, tout comme les relations du Mercosur avec l’Alliance du Pacifique (Chili, Pérou, Colombie et Mexique) et d’autres groupes régionaux qui, d’après Susana Malcorra, seraient très intéressés par leur région.

Il a également été question du renforcement de l’intégration internationale des quatre membres du Mercosur et de l’élimination des obstacles frontaliers.

source: EurActiv