Le président de Sao Tomé rejette les APE

African Manager | 18-12-2007

Le président Fradique de Menezes de Sao Tomé rejette les APE

PANA

L’ouverture du marché santoméen induite par la signature des Accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne (UE) "serait un choc fort" pour Sao Tomé et Principe, a affirmé, lundi 17 décembre, le président de l’archipel, Fradique de Menezes.

Le président de Menezes a estimé que son pays devrait d’abord faire "ses devoirs de maison" (de chez lui), avant de s’engager sur une quelconque adhésion aux APE, sujet qui a été à l’ordre du jour du 2ème Sommet Europe-Afrique, à Lisbonne, au Portugal, du 8 au 9 décembre courant.

"Nous ne sommes pas préparés pour résister à l’ouverture complète du marché. Quelles sont les exigences que nous sommes en mesure d’imposer à l’Union européenne ?", s’est-il demandé, avant d’ajouter que Sao Tomé et Principe "est un petit pays dont l’unique produit d’exportation est le cacao".

"Pour l’instant, je dois dire qu’après analyse au niveau de la sous-région, nous avons trouvé que les conditions n’étaient pas réunies pour la signature des APE", a affirmé le chef de l’Etat saotoméen, appuyant les positions des présidents sénégalais, Abdoulaye Wade, et sud-africain, Thabo Mbeki, qui rejettent les termes proposés par l’UE.

Il a déclaré que l’archipel devrait réaliser d’autres projets, tels que la relance de la production agricole qui permettra de créer un secteur primaire exportateur, avant de penser à signer les APE avec l’Union européenne.

Il a aussi cité la tentative de "diversifier les ressources du tourisme", à partir de l’"entrée forte" dans le pays du groupe hôtelier portugais "Pestana", qui a des projets dans l’archipel estimés à près de 200 millions d’euros.

Le président santoméen a soutenu que l’archipel doit bientôt décider s’il signe un accord monétaire avec l’Afrique de l’Ouest (franc CFA) ou avec l’Europe (euro) qui permettrait la parité entre le dobra, monnaie santoméenne, et une monnaie forte.

Il a souligné que ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de contrôler la fluctuation du prix des marchandises, ajoutant que, dans les conditions actuelles, les APE porteraient préjudice à l’archipel.

M. de Menezes, de part son expérience d’homme d’affaires, se montre favorable à l’option euro, au détriment du franc CFA, mais rappelle que le choix doit prendre en compte la variable sous- régionale dans laquelle se trouve intégré l’archipel.

"Si nous sommes rattachés à l’euro et avec une parité fixe et garantie durant un certain temps, cela tranquilliserait les affaires de tout opérateur économique", a déclaré Fradique de Menezes, qui a admis avoir pris contact avec le gouvernement portugais afin de négocier cette question avec l’UE.

Concernant le pétrole, la première tentative conduite par la compagnie américaine Chevron n’a pas donné de résultats susceptibles d’assurer une exploitation commerciale viable. "Nous aurons, en 2008, une nouvelle campagne de forage de Chevron et des compagnies qui ont été adjugées pour les trois autres blocs", a déclaré le président santoméen, ajoutant qu’à partir de là, le potentiel de cette industrie dans le pays "serait plus clair".

Fradique de Menezes a affirmé, d’autre part, que Sao Tomé et Principe devrait revoir la législation commerciale et du travail afin que l’on puisse dynamiser l’économie et attirer des investissements étrangers.

"Tout cela doit fonctionner pour que les opérateurs commerciaux soient crédibles. Les effets de son application ne pourront être visibles que postérieurement, mais nous devons faire quelque chose en 2008", a déclaré le président santoméen.

Sao Tomé et Principe devrait aussi résoudre la question des transports aériens, surtout qu’actuellement seule la Compagnie aérienne portugaise (TAP) assure des liaisons régulières entre l’archipel et l’Europe.

La STP-Airways, compagnie nationale qui utilise les avions de la compagnie aérienne angolaise (TAAG), ne peut aller en Europe à cause de l’interdiction de vol dans le ciel européen imposée par l’UE aux avions de la compagnie angolaise.

source: African Manager