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Accords de partenariat économique : La société civile prône une veille permanente

lundi 10 mars 2008

Accords de partenariat économique : La société civile prône une veille permanente

A l’occasion de la 5e foire régionale de la CEDEAO, qui se tient à Ouagadougou du 7 au 15 mars prochains une coalition d’organisations de la société vient rappeler, à travers cette déclaration, que la mobilisation pour un APE "gagnant-gagnant" doit se poursuivre. Au cours de la conférence de presse organisée le jeudi 7 mars dernier au siège de la Confédération paysanne du Faso (CPF), elle a aussi demandé à la CEDEAO de se pencher urgemment sur la réforme du Tarif extérieur commun (TEC).

Du 7 au 15 mars se tient à Ouagadougou la cinquième foire commerciale de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cet événement traduit la volonté des autorités politiques de la région de faire de la CEDEAO un espace de promotion des échanges intra-communautaires et, surtout, de promotion des produits agricoles locaux.

Toutefois, la foire se tient, faut-il le rappeler, au moment où la région est en négociation avec l’Union européenne d’un Accord de partenariat économique rejeté en l’état par plusieurs gouvernements de l’espace grâce, en grande partie, aux actions de lobbying des organisations de producteurs. La foire se déroule aussi à une période où les Etats membres de la CEDEAO sont visiblement divisés sur la question de l’APE. En témoigne le paraphe de l’accord par le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire et le Ghana. Au-delà de l’espace CEDEAO, les pays du CMMS que sont les Comores, Madagascar, l’Ile Maurice et les Seychelles ont marqué leur accord tacite pour les APE.

Au regard de cette situation, les organisations signataires de la présente déclaration :

Notent qu’à la date du 31 décembre 2007, l’APE n’a pas été signé entre la CEDEAO et l’Union européenne ;

Précisent à nouveau qu’avec les APE, les économies ouest- africaines vont subir un triple choc au plan agricole, budgétaire et industriel (Cf. Rapport du parlementaire français Jean Claude LEFORT sur les Accords de partenariat économique). Par conséquent, ces économies déjà fragiles s’affaibliront davantage et produiront plus de chômeurs, d’analphabètes, de malades sans soins et de candidats malheureux à l’émigration ;

Rappellent que l’objectif de l’Accord de partenariat économique est de promouvoir le développement et de faciliter l’intégration progressive des économies ouest-africaines dans l’économie mondiale ;

Signifient qu’au vu des potentialités de l’espace CEDEAO, l’agriculture est et demeure le levier de l’économie régionale ;

Les organisations signataires

Prennent acte de la relance du processus d’élaboration du TEC au sein de l’espace CEDEAO tout en constatant que le TEC appliqué par l’UEMOA perturbe le marché ouest-africain des produits agricoles. Elles déplorent le niveau actuel de protection dans l’espace UEMOA qui est non seulement bas, mais aussi en déphasage total avec les niveaux observés ailleurs dans le monde. L’écart est de 35 points avec le Maroc en droit de douanes et de 32 à 50 points avec l’Union européenne sur un certain nombre de produits agricoles tels que les viandes, les céréales, le lait, autant de produits pour lesquels l’Afrique de l’Ouest a des atouts indéniables ;

Prennent acte, par ailleurs, de la décision prise par la CEDEAO d’inclure une cinquième bande de tarification au niveau du TEC. Elles se réjouissent d’une éventuelle étude qui sera réalisée par des experts à la demande de la CEDEAO aux fins de déterminer le cinquième niveau de tarification.

De ce qui précède, les organisations signataires :

- Lancent un appel à toutes les organisations de la société civile burkinabè à se mobiliser pour poursuivre la lutte favorable à un APE respectueux de la souveraineté alimentaire dans les pays membres de la CEDEAO ;
- Invitent les autorités politiques et les négociateurs burkinabè à faire preuve de transparence en satisfaisant notamment à la demande d’information exprimée par la société civile ;
- Réaffirment qu’entre l’Union européenne et les pays ACP, dont le Burkina, les négociations commerciales se doivent d’être asymétriques et non basées sur le principe de réciprocité ;
- Demandent à la CEDEAO de poursuivre urgemment la réforme du TEC dans l’optique de création d’une cinquième bande tarifaire à l’effet d’assurer :
- **i) un rééquilibrage des niveaux de protection entre la région et ses principaux concurrents,

    • ii) une protection appropriée des produits sensibles ou stratégiques agricoles et industriels favorisant l’intégration régionale des marchés, la réduction de la pauvreté et la souveraineté alimentaire ;
      - Interpellent enfin les parlementaires du Burkina à s’intéresser davantage aux questions liées aux APE et à refuser éventuellement la ratification de l’APE tel qu’il se présente également.

Ouagadougou, le 6 mars 2008

Ont signé

- La Confédération paysanne du Faso (CPF)
- Le Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG)
- La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB)
- Le Réseau des organisations de la société civile pour le développement (RESOCIDE)
- Le Mouvement burkinabè pour l’emergence de la justice sociale (MBEJUS)
- Action jeunesse pour le développement de l’Afrique (AJDA)
- Le Service d’édition en langues nationales (SEDELAN)


 source: Lefaso.net