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Amazonie, Bolsonaro, cheptel bovin : l’ABC de la destruction

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Christian Braga / Greenpeace

Greenpeace | 3 septembre 2020

Amazonie, Bolsonaro, cheptel bovin : l’ABC de la destruction

par Reykia Fick

L’Amazonie est attaquée de toutes parts, mais vous pouvez y mettre une fin.

C’est avec effroi que nous avons vu d’immenses brasiers dévaster la forêt amazonienne l’année dernière. Mais la saison des incendies risque d’être tout aussi catastrophique cette année.

En dépit d’un moratoire sur les brûlis agricoles, et malgré les patrouilles de l’armée brésilienne,[1][2] le nombre de foyers d’incendie observés au mois d’août est probablement plus élevé que l’an dernier.[3]

Pourquoi l’Amazonie brûle-t-elle?

Les feux de forêt en Amazonie n’ont rien de naturel. Ils sont délibérément allumés par des agriculteurs et des éleveurs de bétail qui accaparent des terres pour étendre l’emprise de l’industrie agroalimentaire.[4]

Le problème ne fait que s’aggraver depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro en janvier 2019. Le président brésilien fait une promotion active du développement industriel de l’Amazonie.[5] Son gouvernement emploie toutes sortes de mécanismes pour affaiblir les lois environnementales du pays. Il coupe le financement de l’agence nationale de protection de l’environnement et se moque des revendications territoriales des peuples autochtones.[6][7][8]

La destruction de la forêt amazonienne peut donc continuer en toute impunité. L’accaparement des terres autochtones se poursuit, et le nombre d’assassinats de gardes forestiers autochtones ne cesse d’augmenter.[9]

Quels sont les enjeux?

La forêt amazonienne abrite un nombre stupéfiant d’espèces végétales et animales. On y trouve environ 10 pour cent de toutes les espèces de vertébrés de la planète, et plusieurs espèces que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.[10] Les incendies détruisent ces plantes et tuent les animaux trop lents pour s’enfuir. Privés de leur habitat, les animaux les plus rapides finissent par mourir eux aussi.[11]

La combinaison de ces incendies et des politiques génocidaires du gouvernement Bolsonaro menace l’existence même des peuples autochtones de l’Amazonie.[12] Déjà éprouvées par un taux de mortalité élevé en raison de la COVID-19, les communautés locales doivent subir les effets de la fumée, avec tous les risques sanitaires que cela comporte.[13][14]

L’impact de ces incendies se fait sentir bien au-delà de la région elle-même. Tous les habitants de cette planète comptent sur la forêt amazonienne pour réguler le climat.[15] Les forêts tropicales séquestrent le carbone de l’atmosphère et le stockent dans des milliards d’arbres. Cet échange crée un flux aérien de vapeur d’eau qui irrigue toute l’Amérique du Sud et va jusqu’à influencer le climat des autres continents.[16][17]

Si la déforestation se poursuit, le biome complet de l’Amazonie risque d’atteindre un point de rupture irréversible.[18] La forêt restante ne générera pas assez de vapeur d’eau pour la récupérer sous forme de pluie, ce qui transformera toute la région en savane aride. De nombreuses espèces disparaîtront, et des quantités faramineuses de dioxyde de carbone seront libérées dans l’atmosphère.

Que pouvons-nous faire?

Le gouvernement Bolsonaro doit mettre fin à ses attaques contre les droits autochtones et les lois environnementales, et poser des gestes concrets pour préserver la forêt amazonienne.

La seule chose qui a fait plier Bolsonaro jusqu’à maintenant est la pression exercée par les entreprises, les investisseurs et les gouvernements étrangers, qui menacent de rompre leurs liens commerciaux tant que l’Amazonie ne sera pas adéquatement protégée.[19]

En dépit de ces récents développements, notre propre gouvernement continue de négocier un accord de libre-échange entre le Canada et les pays du Mercosur, dont fait partie le Brésil. Pis encore, l’industrie agroalimentaire brésilienne se réjouit de la hausse des exportations de viande vers le Canada qu’un tel accord pourrait entraîner.[20] C’est exact : la même viande d’élevage qui contribue à détruire l’Amazonie!

Il est hors de question que notre gouvernement encourage la politique anti-environnement de Jair Bolsonaro avec la complicité tacite de toute la population canadienne.

Nous devons envoyer un message clair qui parviendra aux oreilles du président brésilien : nous ne signerons aucun accord commercial qui contribue à détruire l’environnement!

Exemple de message Twitter adressé au ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne :

@FP_Champagne, ne soyez pas complice de la destruction de l’Amazonie! Suspendez immédiatement les négociations de libre-échange Canada-Mercosur >> https://act.gp/352t8zP #ActForAmazon #ActionClimatique @greenpeaceQC

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Références en anglais


 source: Greenpeace