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Bruxelles espère conclure rapidement un accord avec Pékin sur les investissements

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Le Figaro | 7 mai 2020

Bruxelles espère conclure rapidement un accord avec Pékin sur les investissements

avec AFP

L’Union européenne espère parvenir au plus tard en septembre à un accord avec la Chine sur la protection des investissements étrangers, « clé » de la reprise mondiale attendue après l’épidémie de coronavirus, selon l’ambassadeur de l’UE à Pékin. Pékin et Bruxelles négocient depuis sept ans cet accord qui rejoint nombre de préoccupations soulevées par les Etats-Unis dans leur guerre commerciale avec la Chine : respect de la propriété intellectuelle, fin des transferts de technologie imposés aux firmes étrangères et des subventions aux entreprises publiques chinoises. Les négociations ont connu un regain de vigueur à la fin de l’an dernier alors que le gouvernement chinois, pressé par la guerre commerciale sino-américaine, cherchait à se rapprocher des Européens.

« Les deux parties pensent que cet accord est encore plus pertinent aujourd’hui qu’avant la pandémie », a déclaré lors d’un point de presse en ligne Nicolas Chapuis, ambassadeur de l’UE en Chine. « S’il est conclu à temps, c’est-à-dire dans les prochains mois, cet accord sera l’une des clés de la reprise mondiale », a ajouté l’ambassadeur. « Il s’agira d’un signal immensément positif en direction des entreprises en Europe comme en Chine ». En dépit du Covid-19, les négociateurs discutent tous les mois et espèrent parvenir à une conclusion politique sur la portée de l’accord avant septembre, c’est-à-dire avant le sommet annuel UE-Chine toujours prévu en Allemagne, selon l’ambassadeur de Bruxelles. Pour y parvenir « il nous faut une percée », a-t-il toutefois ajouté, appelant la Chine « à faire preuve de davantage d’ambition dans les négociations que ce que nous avons vu jusqu’à présent ».

Les Européens réclament notamment des concessions en matière de subventions aux entreprises publiques chinoises et d’accès au marché, tout en assurant des conditions de concurrence équitable aux entreprises étrangères présentes en Chine. « Ce qui manque à présent, c’est une symétrie, de la réciprocité. Il faut un rééquilibrage afin d’assurer une relation économique et commerciale plus étroite entre l’UE et la Chine », a-t-il dit. Pas question dans ces conditions de s’attaquer à la négociation d’un accord de libre-échange Chine-UE, comme l’a suggéré Pékin, tant que l’accord sur l’investissement n’est pas signé, selon M. Chapuis. Le Français a souligné qu’une des leçons de l’épidémie était la nécessité pour les entreprises européennes de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement. « Ca ne veut pas dire que les entreprises qui sont en Chine quitteront le pays mais qu’elles chercheront probablement à s’approvisionner ailleurs », a-t-il prédit.


 source: Le Figaro