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Canada-Honduras: un accord commercial controversé

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Des journalistes se mobilisent contre l’assassinat de leurs collegues, a Tegucigalpa, le 13 decembre 2011. Getty.

La Presse Canadienne | mercredi 4 janvier 2012

Canada-Honduras: un accord commercial controversé (PC)

OTTAWA — Un accord de libre-échange entre le Canada et le Honduras suscite la controverse au moment où l’on rapporte une recrudescence des cas d’abus par la police de ce pays d’Amérique centrale, dont des professeurs battus lors d’une manifestation, des journalistes intimidés et deux étudiants universitaires assassinés.

Le ministre canadien du Commerce international, Ed Fast, qui n’était pas disponible pour commenter le dossier cette semaine, avait qualifié les négociations pour l’entente avec le Honduras comme l’une des réussites du gouvernement fédéral en 2011. Le premier ministre Stephen Harper avait loué l’accord lors d’un séjour dans ce pays pauvre, en août dernier.

Les cas d’abus des droits de la personnes et les crimes sans cesse plus nombreux continuent toutefois de caractériser le Honduras. La police a eu recours à des canons à eau et à des gaz lacrymogènes contre des centaines de professeurs venus manifester contre des chèques de paie manquant à l’appel, en décembre. Le même mois, des journalistes dénonçant la mort de 17 de leurs collègues au cours des deux dernières années ont été battus à coups de bâtons.

Des journalistes et des représentants d’université, tentant de faire la lumière sur la mort de deux étudiants prétendument causée par des policiers, ont rapporté avoir été intimidés par d’autres agents de police.

Dans le nord du pays, la police et l’armée ont été accusés d’intimidation et de violence contre des fermiers locaux qui tentaient de s’élever contre des intérêts corporatifs.

Le gouvernement actuel de Porfirio Lobo a été élu en 2009 à la suite d’un coup d’État, endossé par l’armée. Le Canada avait été l’un des premiers pays à reconnaître la légitimité de ces élections, mais d’autres pays latino-américain ne l’ont pas fait.

«À mon avis, je crois que cet accord avec le Honduras a été conclu en raison du climat politique, ce qui sous-entend des lois et des droits politiques pour l’opposition plus faibles, et ce climat est propice à l’investissement de capitaux canadiens», a avancé le politologue de l’université York de Toronto, Todd Gordon.

«Je ne crois pas que le gouvernement du Canada se soucie profondément des droits de la personne au Honduras», a-t-il ajouté.


 source: PC