L’UE et les ACP s’engagent à conclure un accord en 2007

Reuters | vendredi 25 mai 2007

L’UE et les ACP s’engagent à conclure un accord en 2007

L’Union européenne et les 77 pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) se sont engagés vendredi à intensifier leurs négociations pour parvenir à de nouveaux accords de commerce et de développement avant la fin de l’année.

Les négociateurs de l’UE et de ses anciennes colonies se sont retrouvés à Bruxelles pour faire le bilan de ces pourparlers qui traînent en longueur, les ACP estimant jusqu’à présent que les Européens veulent surtout obtenir l’ouverture de leurs marchés au détriment de leur développement économique.

Le temps est compté pour les négociateurs des deux camps.

Le 31 décembre est la date d’expiration de la dérogation accordée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour les accords commerciaux préférentiels entre l’UE et les ACP et de nombreux responsables estiment qu’il sera difficile d’obtenir des autres membres de l’OMC qu’ils consentent une prorogation.

Les deux parties semblent avoir surmonté leur méfiance réciproque, à en croire les interventions après la réunion.

"Le but est de conclure ces accords cette année", a déclaré lors d’une conférence de presse commune la ministre fédérale allemande au Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul, dont le pays préside pour l’instant l’Union européenne.

A ses côtés, le ministre des Affaires étrangères du Lesotho, Mohlabi Tsekoa, a abondé dans le même sens.

"Les deux parties ont exprimé leur engagement et leur souhait de conclure les négociations à la fin de 2007", a-t-il dit en exprimant son "plaisir" et sa "satisfaction".

De part et d’autre, on s’est efforcé de se comprendre.

DES ACCORDS AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT

L’ouverture des marchés constitue bien l’objectif des six Accords de partenariat économique (APE) régionaux qui doivent, à terme, remplacer l’actuelle Convention de Cotonou afin de parvenir au libre-échange entre les deux partenaires.

Mais les Européens ont assuré leurs partenaires que les APE seraient au service du développement et de la lutte contre la pauvreté, que certains produits sensibles seront protégés de la concurrence européenne afin de maintenir l’agriculture vivrière et de subsistance ainsi que le tissu industriel naissant.

L’ouverture des marchés se fera de manière "asymétrique", l’UE s’engageant à se montrer plus "ouverte" que les ACP, qui bénéficieront de longues périodes de transition.

"Nous sommes satisfaits, nos préoccupations ont été prises en compte", a expliqué Tseoka, tout en soulignant que les négociations pour un accord final seraient ardues.

Les critiques des ACP avaient reçu un écho au sein même de l’Union, où les forces de gauche ont critiqué la vision "libérale" prônée par la Commission européenne qui négocie la conclusion des nouveaux accords au nom des Vingt-Sept.

Un rapport de l’Assemblée nationale française rédigé par le député Jean-Claude Lefort (communiste et républicain) et adopté par la Délégation parlementaire pour l’UE avait fustigé les positions du commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson.

"Irréalisme, prépondérance du commerce et, donc, danger", avait-il dit lors d’une conférence de presse en juillet dernier.

Selon lui, "vouloir instaurer des zones de libre-échange entre l’UE et les pays ACP relève d’une vision qui évacue tout simplement le fait, pourtant majeur, qu’aucun de ces pays ne peut supporter pareil défi qui peut se résumer ainsi: faire monter sur le même ring un poids plume et un poids lourd".

Le rapporteur précisait que les 25 pays de l’UE disposent d’un PIB par habitant de 22.600 euros alors que le PIB par habitant pour les pays ACP n’est, en moyenne, que de 424 euros.

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source: Reuters