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Le point sur la lutte du peuple coréen contre l’accord sur la viande bovine

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Alliance coréenne des mouvements progressistes | 6 juin 2008

Le point sur la lutte du peuple coréen contre l’accord sur la viande bovine

L’opinion publique coréenne veut un abandon complet de l’accord du 18 avril dernier avec les États-Unis sur la viande bovine. Les manifestations de rue continuent de se développer, par leur ampleur, leur intensité et la diversité des participants. L’ambiance est celle d’un « Second Mouvement de juin », une expression qui fait référence à la lutte du mois de juin 1987 qui a constitué un événement considérable pour le mouvement coréen en faveur de la démocratie. Toutefois, certains estiment que le mouvement de mai pour l’annulation de l’accord sur le bœuf se différencie par de nombreux aspects du mouvement démocratique de 1987. Ces actions sont en train de créer une Nouvelle démocratie.

La lutte du peuple coréen contre l’accord sur la viande bovine

La reprise des importations de viande bovine américaine faisait partie des préalables à l’ouverture de négociations entre la Corée du Sud et les États-Unis sur un accord de libre-échange. Pour engager les discussions commerciales, la Corée du Sud a partiellement repris les importations de viande américaine en 2006.

La Corée, qui fut à un moment le troisième acheteur de bœuf américain dans le monde, a interdit les importations de viande américaine en 2003 après la découverte d’un cas de maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine - ESB) aux États-Unis.

La Corée a rouvert son marché aux carcasses d’animaux de moins de 30 mois et a limité les importations à la viande sans os. Toutefois, des morceaux d’os ont été découvert dans la viande au cours de contrôles sur une livraison. Ceci a démontré que les exportateurs de viande bovine américains n’étaient pas capables de respecter les normes de sécurité sanitaire convenues entre la Corée et les États-Unis. Les États-Unis ont réagi à cet embargo en accusant la Corée de placer trop haut la barre de la sécurité sanitaire et en lui demandant d’ouvrir complètement son marché à la totalité de la viande bovine américaine. Il s’agissait d’une condition préalable avant d’envisager un accord de libre échange (ALE) entre la Corée et les États-Unis.

Le 17 avril, la Corée a convenu avec les États-Unis de lever pratiquement toutes les restrictions sur les importations de bœuf américain qui avaient été imposées fin 2003 après la confirmation de trois cas d’ESB dans l’État de Washington.

Cependant, l’opinion publique coréenne exige un abandon complet et une renégociation de l’accord du 18 avril dernier sur la viande bovine. Plus de 80 pour cent des Coréens veulent un accord entièrement nouveau, et maintenant même le parti au pouvoir s’est rallié à cette position. Ce parti majoritaire, le GPN (Grand Parti National) avait auparavant insisté sur le fait que la viande bovine américaine ne présentait aucun danger et que l’accord sur le bœuf était nécessaire à l’ALE entre la Corée et les États-Unis. Le GPN a toutefois changé de position à la suite des manifestations qui ont eu lieu dans tout le pays pour protester contre l’accord sur le bœuf.

Les manifestations de rue continuent de se développer, par leur ampleur, leur intensité et la diversité des participants. L’ambiance est celle d’un « Second Mouvement de juin », une expression qui fait référence à la lutte du mois de juin 1987 qui a constitué un événement considérable pour le mouvement démocratique coréen. Toutefois, certains estiment que le mouvement du mois de mai pour l’annulation de l’accord sur le bœuf se différencie par de nombreux aspects du mouvement pour la démocratie de 1987. Ces actions sont en train de créer une Nouvelle démocratie.

Chronologie détaillée de la crise des importations de bœuf américain en Corée

17 avril

- Un accord sur la viande bovine est conclu entre la Corée du Sud et les États-Unis.

- Réouverture du marché à la viande bovine américaine et aux différentes parties d’animaux, sans restrictions par rapport à l’âge de ceux-ci.

  • Ceci se traduit par l’importation de parties d’animaux classées comme « matériels à risque spécifié » aux États-Unis, y compris les os et les nerfs reliés à la colonne vertébrale et aux vertèbres cervicales et une partie des vertèbres caudales. Ces morceaux de viande seraient des ingrédients essentiels pour le bouillon de queue de bœuf, la tête de boeuf et le « T-bone steak » (côte avec l’os vertébral), qui sont des plats favoris des Coréens. Pourtant, la plupart de ces pièces de bœuf ont été interdites de commercialisation par l’Organisation mondiale de la santé animale (ou Organisation internationale des épizooties - OIE) parce qu’elles peuvent être à l’origine de l’ESB.
  • L’accord, dévoilé la veille de la première rencontre au sommet entre le président Lee et le président George W. Bush, a été généralement interprété comme une concession accordée par Séoul pour obtenir un vote du Congrès en faveur d’un accord de libre-échange bilatéral. La plupart des gens pensent que la conclusion des négociations sur la viande bovine représente une sorte de « cadeau » aux États-Unis en échange de la visite dans ce pays du Président Lee Myung-Bak.

18 avril

- La Corée annonce qu’elle va ouvrir sans restrictions son marché de la viande bovine aux produits américains.

- Sommet Corée-États-Unis aux États-Unis.

30 avril

- Une chaîne de télévision coréenne, Munhwa Broadcasting Company, dans une émission d’investigation intitulée « PD Notebook », diffuse un reportage sur la viande bovine américaine que certains accusent d’avoir exagéré les risques et augmenté la peur vis-à-vis de la maladie de la vache folle. L’émission renforce la défiance vis-à-vis du bœuf américain concernant la maladie de la vache folle. Les appels à la prévention et le sentiment de malaise par rapport à cette maladie se développent.

2 mai

- Le Président Lee déclare qu’ « il ne faut pas amplifier le malaise social en abordant la question [de la viande bovine] sous l’angle de la politique. » Pour la plupart des gens, les remarques du Président Lee montrent que celui-ci voit des motivations politiques derrière la montée de l’angoisse du public et non pas une attention prioritaire aux préoccupations des gens sur la sécurité de leur alimentation.

- « Les consommateurs peuvent choisir » ajoute le Président Lee. « Si c’est dangereux, nous ne pouvons pas l’accepter, et nous ne le mangerons pas. Les vendeurs n’importeront pas [le produit] si leurs affaires ne marchent pas. »

- Veillée à la bougie hébergée par des utilisateurs internet

  • Chaque personne a participé volontairement, notamment un grand nombre de jeunes étudiants.
  • 1) Beaucoup de gens reprochent au gouvernement coréen d’avoir renoncé à sa souveraineté concernant la période de quarantaine.
  • 2) Méfiance vis-à-vis des promesses de l’administration coréenne sur la sécurité sanitaire des aliments

6 mai

- Le Département américain de l’agriculture annonce que « la viande bovine américaine ne présente aucun danger » (pas de risque d’ESB avec la viande bovine américaine)

- Création d’une coalition nationale de groupes de citoyens contre la reprise des importations de bœuf américain, intitulée « Conseil populaire d’opposition aux importations sans restrictions de viande bovine américaine ».

- La coalition adopte 4 résolutions : Annulation et renégociation de l’accord sur la viande bovine / Enquête sur le processus de négociation et révocation des fonctionnaires responsables de la conclusion de l’accord / Reconnaissance par le Président Lee de sa responsabilité concernant l’accord sur la viande bovine et excuses publiques / Promulgation d’une loi spéciale de prévention de l’ESB.

7 mai

- Débat à l’Assemblée nationale sur la viande bovine américaine lors d’auditions consacrées à la ratification de l’Accord de libre échange (ALE) avec les États-Unis.

8 mai

- Pour dissiper les craintes du public, l’administration coréenne revient sur sa position et s’engage à suspendre les importations si un cas d’ESB est détecté aux États-Unis. Il pourrait envisager une révision de l’accord Corée-États-Unis dans une telle situation.

13 mai

- Les États-Unis déclarent que s’il y a un problème avec la viande de bœuf, ils accepteront la suspension « ’문제되면 수입중단’ 수용 »

  • Toutefois il est révélé que les deux parties ont convenu que la Corée ne pourrait suspendre ses importations, même si un cas d’ESB est découvert aux États-Unis, que si l’OIE décidait de modifier la classification des États-Unis pour le risque d’ESB.

14 mai

- Un député du principal parti d’opposition, le Parti démocratique unifié, déclare que l’accord sur les importations de viande bovine américaine permet d’importer des parties d’animaux classées comme impropres à la consommation aux États-Unis.

  • « L’accord sur l’importation de viande bovine américaine permet d’importer les apophyses transverses et dorsales des vertèbres et la crête sacrée médiane (d’un animal âgé de plus de 30 mois), alors que le Département américain à l’agriculture a classé ces deux parties comme matériels à risque spécifié par rapport à l’ESB. »

20 mai

- Les gouvernements coréen et américain annoncent un accord complémentaire. Dans la salle de presse du Ministère sud-coréen des affaires étrangères, le Ministre du commerce sud-coréen et la Représentante américaine au commerce, Susan Schwab, signent une lettre qui sera annexée à l’accord sur l’importation de viande bovine américaine.

- Le gouvernement sud-coréen explique que ce nouveau document apporte des éclaircissements sur deux dispositions de l’accord du 18 avril. L’Article 5 du premier accord dépossède la Corée du Sud de son droit de protéger sa souveraineté en matière de quarantaine. L’Article 1, Clause 9, assouplit les critères pour les matériels à risque spécifié (qui seraient à l’origine de l’ESB), à un niveau inférieur à ce qui est acceptable selon la réglementation américaine. Au cours d’une conférence de presse, le Ministre sud-coréen du commerce, M. Kim déclare : « Je suis persuadé que la lettre aura un impact important parce que des responsables ministériels des deux pays ont clarifié [les problèmes]. »

  • La lettre ne comporte aucune déclaration spécifiant que la Corée du Sud peut interrompre les importations de viande bovine américaine si un nouveau cas d’ESB est découvert aux États-Unis. Ceci laisse penser que la Corée du Sud ne serait pas en mesure d’interdire les importations de bœuf américain, même en cas d’ESB, si Séoul n’arrivait pas à fournir la preuve scientifique de la diffusion de l’encéphalopathie.
  • Le gouvernement sud-coréen doit annoncer le 20 mai une annexe à l’accord sur les importations de viande bovine avec les États-Unis qui apportera des éclaircissements sur la souveraineté de la Corée du Sud en matière de quarantaine. C’est le dernier effort du gouvernement pour apaiser la colère du public à propos de l’accord, mais beaucoup ont le sentiment que cela n’apporte pas une réponse suffisante aux problèmes liés à la maladie de la vache folle. L’« accord supplémentaire » entre le gouvernement sud-coréen et les États-Unis ne permet pas d’apaiser les craintes relatives au risque sanitaire de la viande bovine américaine et de protéger la souveraineté de Séoul en matière de quarantaine.

22 mai

- « Le gouvernement n’a pas déployé des efforts suffisants pour permettre la compréhension par l’opinion publique et obtenir son adhésion », déclare le Président Lee. Je reconnais humblement que le gouvernement n’a pas réussi à comprendre l’attitude du public. C’est regrettable. »

  • Beaucoup de gens reprochent au Président Lee de verser des larmes de crocodile. 25 mai

- Un membre de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU) s’immole par le feu et reste dans un état critique. La KCTU est l’une des deux grandes organisations syndicales du pays.

29 mai

- La Corée du Sud avertit le public coréen de l’arrivée d’importations de viande bovine américaine et annonce les dispositions relatives à ces importations. Il s’engage à prendre des mesures pour renforcer la quarantaine et les contrôles destinés à assurer la sécurité sanitaire.

- Le Syndicat des travailleurs des transports de Corée organise des manifestations dans plusieurs zones de fret à Busan, où des tonnes de viande bovine américaine congelée sont stockées, et annonce que les syndicats prévoient de refuser de transporter la viande bovine américaine importée. Le syndicat est membre de la Confédération coréenne des syndicats (KCTU).

  • La fureur de l’opinion publique vis-à-vis de l’accord sur le boeuf ne fait que s’accroître après l’annonce officielle par le gouvernement, le vendredi, qu’il appliquera l’accord d’ici quelques jours.

- La répression policière se traduit par l’arrestation de 218 manifestants en quatre jours. La plupart se sont rendus à la police sans violences, sur la place de l’Hôtel de ville.

- Le jeudi, le bureau de la Représentante américaine au commerce (USTR) se félicite de l’annonce par le gouvernement sud-coréen de la réouverture de son marché de la viande bovine aux produits américains.

- Des veillées à la bougie se déroulent dans plus d’une dizaine de villes du pays, notamment à Incheon, Suwon dans la province de Gyeonggi, Daejeon, Busan et Jeonju.

- Les députés du Parti démocratique du travail, un petit parti d’opposition, démarrent une grève de la faim pour exiger que le gouvernement retire sa décision sur les importations de bœuf. Le Parti de la Liberté d’abord exige également la démission des ministres et des excuses du Président Lee.

30 mai

- La coalition des partis d’opposition dépose une requête auprès de la Cour constitutionnelle pour annuler la décision du gouvernement de reprendre les importations de viande bovine américaine.

31 mai

- Environ 150 000 manifestants se rassemblent pour une veillée à la bougie. La police disperse la marche avec violence en faisant usage de canons à eau, arrête 228 personnes et en blesse 60.

2 juin

- L’administration coréenne annonce qu’elle va différer la reprise des importations de viande bovine américaine en retardant la publication des nouvelles règles sur l’importation du bœuf américain dans le Journal officiel.

  • La décision intervient après une demande officielle du Grand parti national (GPN) en début de journée. La publication est programmée pour le 3 juillet.

- Dans le même temps, le Président Lee Myung-Bak se déclare prêt à démettre de leurs fonctions certains ministres et secrétaires d’État dans l’espoir de juguler la crise déclenchée par la décision de reprendre les importations de viande bovine américaine.

3 juin

- On rapporte qu’Alexander Vershbow, l’ambassadeur américain en Corée, faisant allusion à l’absence de risque de la viande bovine américaine, a déclaré qu’il espère que les Coréens vont améliorer leurs connaissances scientifiques.

  • Ce type d’attitude ne peut que susciter de la colère dans l’opinion publique coréenne. Tout pays a le droit de ne pas importer un produit alimentaire si ses habitants pensent qu’il présente un risque.

- L’administration coréenne propose que les États-Unis excluent volontairement de leurs exportations (règle de « limitation volontaire des exportations ») la viande d’animaux âgés de 30 mois ou plus. L’état d’esprit du public vis-à-vis du problème de la viande bovine devient encore plus négatif.

  • Beaucoup estiment que le projet gouvernemental de demander des limitations volontaires sur les exportations de viande bovine américaine est une mesure bouche-trou.

5 juin

- Des députés du Grand parti national au pouvoir commencent à demander au gouvernement du Président Lee Myun-Bak de renégocier avec les États-Unis l’accord du mois d’avril sur les importations de viande bovine, à la suite de l’accueil très froid par les États-Unis de la proposition du gouvernement sud-coréen de la règle de « limitation volontaire des exportations ».

- Des citoyens, des étudiants et des syndicalistes démarrent une manifestation de 72 heures sans interruption à Séoul, le jeudi, pour accentuer la pression sur l’administration Lee Myung-Bak et l’amener à renégocier l’accord sur le bœuf américain.

- Ils visent à réunir un total d’ « 1 million de personnes » jusqu’au 10 juin pour protester contre l’accord et d’autres projets controversés, notamment celui d’un canal transcoréen, et les politiques de privatisation.

- Un Sud-coréen s’immole par le feu dans la matinée qui suit un rassemblement à la bougie. Kim, un journalier, participait apparemment aux rassemblements à la bougie quotidiens, qui se sont récemment transformés en manifestations antigouvernementales.

- Les Juristes pour une société démocratique, la plus grande association de juristes du pays, a engagé contre le gouvernement sud-coréen une action juridique sur sa décision concernant les importations de viande bovine.

- Les députés des partis d’opposition refusent de rejoindre la 18e session du parlement tant que la renégociation n’est pas acceptée par l’administration coréenne.

Les caractéristiques des mouvements de résistance populaire actuels

Les formes des manifestations

1) Des étudiants, des membres de groupes civiques et des citoyens tiennent des rassemblements à la bougie tous les soirs depuis le 2 mai pour s’opposer à l’ouverture sans restrictions du marché national à la viande bovine américaine.

2) Les rassemblements à la bougie quotidiens, début mai, se sont transformés en manifestations de rue jusqu’à la « Maison Bleue » au milieu du mois de mai. Des gens restent toute la nuit pour poursuivre les manifestations. Les week-ends, les manifestations commencent dans la journée et se poursuivent pendant toute la nuit et le lendemain.

3) Aucun acte de violence n’a été commis pendant les manifestations.

4) Ces manifestations de rues visent la loi sur le droit de réunion et de manifestation. Derrière ces actes de désobéissance civile commis par des citoyens ordinaires, il y a la reconnaissance implicite du fait que leur conduite est plus raisonnable que celle du pouvoir. Ces citoyens admettent qu’ils ont enfreint la loi, mais ils considèrent qu’il est plus important que l’on reconnaisse le droit à la liberté d’expression garanti par la constitution/ soit reconnu.

Les participants

1) De nombreux adolescents ont pris part aux rassemblements, disant qu’ils seraient les principales « victimes » d’une viande bovine américaine qu’ils considèrent comme dangereuse. Ils ont participé aux rassemblements à la bougie alors que la police a prévenu que ces manifestations sont illégales.

Généralement indifférents aux questions sociales, ces ados sont allés dans la rue demander le droit de choisir ce qu’ils mangent. Ils ont créé des communautés en ligne où ils échangent des informations sur la maladie de la vache folle et accusent le gouvernement d’avoir conclu un accord dans la précipitation.

2) Au fur et à mesure que les veillées à la bougie sont accompagnées de marches toute la nuit, un nombre croissant de citoyens et d’étudiants remplacent les élèves des lycées et des collèges dans des rassemblements à la bougie qui envahissent Séoul et les autres grandes villes du pays pour protester contre les importations de bœuf américain.

3) Des gens de tous les milieux sociaux, qu’il s’agisse de mères de famille avec des poussettes, d’employés de bureau ou de retraités, participent à ces manifestations, bravant ainsi le recours à la force de la police.

Organisation

1) Les gens ne sont pas restés assis à se plaindre, mais se sont servis d’Internet pour trouver et participer à des veillées à la bougie et à des actions réelles. Sur les cafés Internet, les membres ont échangé des informations sur la maladie, les horaires des veillées à la bougie et la façon d’intervenir, et ont critiqué d’autres politiques gouvernementales.

L’administration Lee Myung-Bak prétend que des idéologues et des organisateurs d’inspiration anti-américaine et de gauche tirent en coulisses les ficelles des manifestations. Toutefois, les récentes manifestations à la bougie paraissent plutôt spontanées. À la différence des rassemblements précédents, bien organisés et accompagnés de slogans et de chansons bien préparés, les dernières veillées n’avaient plus ce caractère systématique et cohérent.

De nombreux manifestants ont également déclaré qu’ils ne protestaient pas contre les États-Unis mais demandaient à l’administration Lee de renégocier l’accord sur l’importation de viande bovine américaine pour protéger les gens de la maladie de la vache folle.

2) Des médias d’information en ligne diffusent les nouvelles en temps réel.

3) Le principal rôle des organisations civiques et des mouvements sociaux est d’organiser des conférences de presse et de préparer des manifestations.

Les revendications

1. Les revendications essentielles sont l’annulation et la renégociation de l’accord sur la viande bovine américaine.

2. Le mouvement de protestation, qui visait initialement un problème de santé publique, traduit maintenant un sentiment plus général d’opposition aux États-Unis et au Président Lee Myung-Bak.

3. La résistance populaire généralisée aux négociations sur la viande bovine américaine reflète surtout une critique virulente vis-à-vis de l’absence de démocratie manifestée par le gouvernement coréen et des conditions scandaleuses des négociations. La chanson la plus populaire des manifestations s’inspire du première article de la Constitution de la Corée : « La Corée est un pays démocratique et tout le pouvoir vient du peuple. » C’est ce qui décrit le mieux la détermination et la force du peuple coréen à ce moment de son histoire.


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