Le ROPPA rejette le calendrier des négociations sur les APE

BURKINA FASO - 4 février 2007 - PANAPRESS

Le ROPPA rejette le calendrier des négociations sur les APE

Le Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) s’est déclaré, dimanche, opposé aux conclusions de la concertation régionale sur le traitement des produits sensibles dans la libéralisation du commerce.

Dans une interview accordée à la PANA, à l’issue d’une réunion de concertation régionale sur les APE tenue du 29 janvier au 3 février à Ouagadougou, le président du ROPPA, M. Mamadou Cissoko a estimé que la date butoir du 30 juin 2007 pour la soumission des résultats des travaux d’élaboration des produits sensibles au comité ministériel de la CEDEAO et de l’UEMOA, ne pourra pas être respectée par son organisation.

Organisée conjointement par la CEDEAO et l’UEMOA en vue d’adopter une position commune pour l’Afrique occidentale, la réunion de concertation s’est tenue en prélude aux négociations ACP-Union européenne sur les Accords de partenariat économique (APE) prévues en avril prochain.

M. Cissoko a également fondé ses inquiétudes sur le fait qu’il faut 3 à 4 mois pour disséminer les conclusions de ce séminaire régional auprès de la base.

M. Cissoko a également fait état de la nécessité de la tenue d’ateliers de mise à niveau au sein des organisations paysannes sur les secteurs de production, notamment les secteurs et produits sensibles.

La troisième réserve du président du ROPPA porte sur la nécessité de la publication de l’étude d’évaluation du Tarif extérieur commun (TEC) menée par la CEDEAO.

Le ROPPA est l’une des organisations africaines d’agriculteurs au-devant de la lutte contre la signature "à la va vite" des Accords de partenariat économique sensés remplacer les Accords de Cotonou qui lient l’Union européenne (UE) aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) à l’horizon de 2010.

A l’issue de la rencontre régionale, des participants ont soulevé des préalables à la signature des APE, préconisant d’abord de s’inspirer des politiques régionales et d’établir une cohérence dans les négociations sur l’application du Tarif extérieur commun (TEC), les APE et l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La centaine d’experts des institutions régionales, du secteur privé et de la Société civile venue de 15 pays de l’Afrique de l’Ouest et de la Mauritanie ont ensuite recommandé une coordination institutionnelle et un dialogue politique entre les organisations inter-gouvernementales, les Etats et les acteurs socio-économiques.

Les participants ont enfin estimé que les négociations sur les APE commandent de concevoir et de mettre en oeuvre une politique commerciale axée prioritairement sur les objectifs de développement socio-économique et d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.

Ils ont, à ce propos, proposé une méthodologie, une démarche et des échéances sur la détermination des produits sensibles, les instruments de politique commerciale appropriés aux traitements des produits sensibles et la conception des programmes de mise à niveau des secteurs de production, en particulier les secteurs et filières de production sensibles.

source: Jeune Afrique