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Libre échange Algérie-UE : Des patrons demandent la révision de l’accord

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Dzair Daily | 4 août 2020

Libre échange Algérie-UE : Des patrons demandent la révision de l’accord

Par Schahrazed I.

Algérie / UE – L’accord relevant de la zone libre échange Algérie-UE sera effectif à partir du 1er septembre prochain. Selon plusieurs opérateurs économiques, l’Algérie n’est pas prête pour annuler toutes les barrières douanières avec l’UE et faire face à la concurrence engendrée par cet accord.

L’actuelle conjoncture économique de notre pays, ne permet pas à l’entreprise algérienne de faire face à la concurrence; qu’engendrera l’entrée en vigueur de la zone de libre échange (ZLE) prévue par l’accord d’association Algérie-UE; à compter du 1er septembre 2020. C’est en effet ce qu’ont indiqué plusieurs acteurs économiques; cités par le quotidien algérien, Liberté, dans son édition de ce 04 août. Cela dit, il est regrettable de constater que l’entreprise algérienne n’est pas convenablement préparée à cette nouvelle donne du marché.

Pour Abdelwahab Ziani, président de la Fédération algérienne de l’agroalimentaire; avec cet accord « la production locale sera confrontée à une concurrence déloyale; notamment dans les domaines liés, à l’agroalimentaire, à la chimie et à la pharmacie ». De plus, ce responsable remet en cause les termes de l’accord qui ont été conclus en 2000 par des négociateurs qui n’ont pas consultés les opérateurs nationaux durant les négociations entre l’Algérie et l’UE.

« Avec des droits de douanes à taux zéro, ce sont des pans entiers de l’économie nationale qui risquent de disparaître »; a averti Ziani. C’est pourquoi, poursuit-il, il est nécessaire de réviser les clauses de l’accord; afin de protéger la production locale et reconquérir le marché national. Dans le cas contraire, des milliers d’entreprises vont mettre la clé sous la porte causant ainsi la perte de milliers de postes d’emploi; a confié l’intervenant.

Libre échange Algérie-UE : Comment éviter la catastrophe à l’économie nationale ?

Cela dit, pour Ali Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), la ZLE qui entrera en vigueur en septembre 2020, sera un désastre pour l’économie nationale. D’ailleurs, plusieurs experts s’accordent à dire que le chapitre relatif à l’investissement prévu par l’accord d’association Algérie-UE n’a pas été pris en charge dans l’exécution de ce dernier.

Cependant, l’UE doit, présenter une approche visant l’application des termes de cet accord portant sur les IDE (investissements directs étrangers) en Algérie, a-t-il soutenu. Par ailleurs, le représentant de la Fédération algérienne de l’agroalimentaire; a insisté sur le fait que l’Algérie ne doit plus importer les produits déjà fabriqués localement. À l’exception des inputs entrant dans la fabrication des produits locaux.

« Ces derniers peuvent être importés même à taux zéro; car cela créera davantage d’emplois et de richesses »; a-t-il convenu. Pour sa part, Mohand-Saïd Naït Abdelaziz, président de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), a relevé que « l’économie nationale est actuellement sinistrée et la mise en place d’une telle zone reste inopportune, voire dangereuse ».

Les produits algériens victimes de taxes, blocages et bureaucratie

Selon Naït Abdelaziz, il faudrait d’abord créer un nouveau modèle économique, puis négocier de tels contrats. « Tel que les choses se présentent aujourd’hui, l’entreprise algérienne n’est pas prête pour cet espace commercial. Elle pourra se positionner peut-être sur quelques rares créneaux », a-t-il avancé.

Néanmoins, pour la majorité des secteurs, elle ne s’est pas préparée sérieusement; a-t-il ajouté. Notons d’autant plus, que les produits algériens peinent à se faire une place dans la zone euro. Face à cela, la création de la ZLE devrait se faire avec des pays où les produits algériens ont plus de chance de se placer; a conclu notre source.


 source: Dzair Daily