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Libre-échange Canada-États-Unis-Mexique : un autre coup dur pour les producteurs de lait

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Radio-Canada | 3 mai 2020

Libre-échange Canada-États-Unis-Mexique : un autre coup dur pour les producteurs de lait

Les producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent estiment qu’Ottawa les a trahis en permettant l’entrée en vigueur de l’accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) le 1er juillet plutôt que le 1er août.

Le devancement de l’entrée en vigueur du nouvel accord passe très mal auprès des producteurs laitiers. Ce changement de dernière minute pourrait signifier la faillite pour certains d’entre eux, déjà affaiblis par la crise de la COVID-19.

C’est qu’en termes de quotas, l’année laitière débute le 1er août et se termine le 31 juillet. Ainsi, advenant l’entrée en vigueur de l’accord le 1er juillet, les producteurs n’auront que 31 jours pour atteindre leur quota de la première année, soit 55 000 tonnes de lait.

Après quoi, ils seront limités à 35 000 tonnes.

"Disons que pour nos politiciens, c’était facile de flusher nos gains de productivité à d’autres pays. C’est l’équivalent de 30 jours de perte de production pour chaque ferme au Canada", déplore Hugues Michaud, producteur laitier à Amqui et deuxième vice-président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent.

Gabriel Belzile, président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, estime avoir été floué par Ottawa. "Encore une fois, il nous a tapé dans les genoux avec un accord passé durant le COVID-19, pendant qu’on essaie de stabiliser le marché et de passer tout le lait", déplore-t-il.

Les producteurs laitiers du Canada estiment qu’ils perdront 340 millions de dollars par année. Certains songent déjà à changer de métier.

"On perd des producteurs à tous les ans et des fermes à tous les ans. La relève est difficile à trouver", explique Bruno D’Astous, producteur laitier et président du l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Matapédia.

Selon lui, il y a un peu plus de 5000 producteurs laitiers au Québec, un chiffre en baisse constante.

“ Ça fait mourir les régions. Le lait se produit dans les régions périphériques. Dans La Matapédia, l’agriculture c’est le deuxième secteur économique.”
Hugues Michaud, deuxième vice-président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent.

Selon ses calculs, les 3,5 % de quotas consentis aux États-Unis représentent la perte de deux fermes de 70 vaches pour la Matapédia à elle seule.

Il rappelle que l’accord de libre-échange avec l’Europe les a obligés à consentir 2 % de leurs quotas et que l’Accord de partenariat transpacifique les a délestés d’un autre 3,25 %. Avec la perte de l’ACEUM de 3,5 %, il estime que ces pertes équivalent à 30 jours de production pour chaque ferme au Canada.

La nouvelle arrive au moment où les producteurs laitiers sont déjà affaiblis par la crise actuelle. En mars, la fermeture des restaurants leur a fait perdre 35 % de leur marché en une semaine seulement. Les producteurs ont été forcés de jeter du lait.

Dans ce contexte, les producteurs lancent un cri du coeur aux consommateurs.

“ Y’a une solution pour s’en sortir. C’est le consommateur qui va nous sauver.”
Hugues Michaud, producteur laitier à Amqui et deuxième vice-président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent.

Mais pour acheter local, il faut savoir d’où viennent les produits offerts à l’épicerie. Les producteurs réclament donc un meilleur étiquetage, et un soutien financier des gouvernements.

D’après le reportage de Catherine Poisson


 source: Radio-Canada