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Référendum contre l’accord de libre-échange Suisse Indonésie: position de Greenpeace Suisse

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Greenpeace | 25 janvier 2021

Référendum contre l’accord de libre-échange Suisse Indonésie: position de Greenpeace Suisse

Nous considérons la politique commerciale de la Suisse comme très problématiques, car les accords de libre-échange que le pays cherche à faire aboutir priorisent les objectifs de croissance au détriment de l’environnement et des droits humains. Les relations commerciales entre états doivent permettre un développement durable du secteur agricole et alimentaire.

Dans l’accord avec l’Indonésie, qui fait l’objet d’un référendum soumis au vote le 7 mars prochain, il y a une tentative de prendre en compte les critères de durabilité pour la production d’huile de palme. Sur le principe, il s’agit d’un pas dans la bonne direction. Malheureusement, l’accord existant ne peut garantir l’importation d’huile de palme durable.

Le label le plus largement utilisé pour la certification de la durabilité de l’huile de palme est le RSPO (Roundtable for Sustainable Palmoil). Greenpeace critique ce label depuis des années et a montré à plusieurs reprises pourquoi il ne garantit pas une une production durable, soit une huile de palme produite sans pesticides et ne provenant pas de la destruction de nouvelles forêts vierges ou de tourbe. Les principaux problèmes résident dans la mise en œuvre et surtout dans les mécanismes de contrôle et de sanction. L’industrie se contrôle elle-même et est tout sauf transparente. Tous les efforts déployés pour faire de la RSPO un label auquel les consommateurs peuvent faire confiance ont échoué jusqu’à présent.

Néanmoins, le gouvernement veut laisser la vérification de la production durable à la RSPO. La mise en œuvre d’autres normes fait également défaut. Même les entreprises qui ont pris des engagements en faveur d’une production sans déforestation et sans exploitation de la tourbe ne les mettent souvent pas en œuvre.

Ajoutons que l’évolution actuelle de la situation juridique en Indonésie est très préoccupante et remet en cause l’accord signé fin 2018. En octobre 2020, le Parlement indonésien a adopté la loi dite “Omnibus”, qui vise à déréglementer les lois sur le travail et l’environnement afin de générer davantage d’investissements et de renforcer l’économie. Les protestation venue de la société civile ont été sévèrement réprimées

En plus des coupes sociales et des menaces sur les droits des communautés autochtones, la nouvelle loi s’attaque au principe de précaution et aux faibles normes environnementales de l’Indonésie. Elle affaiblit, par exemple, les évaluations d’impact environnemental et les ordonnances de protection existantes contre l’agriculture sur brûlis. Dans le secteur minier indonésien, il y a un manque systématique de transparence, ce qui rend impossible la vérification des normes environnementales. L’Indonésie est particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles. En même temps, le pays, avec ses forêts, peut apporter une contribution décisive à la protection du climat. Toutefois, si les dommages environnementaux déjà dévastateurs et irréversibles causés par la déforestation s’aggravent encore, cela aura des conséquences fatales.

L’accord avec l’Indonésie donne la priorité aux intérêts économiques des entreprises et des grands investisseurs sur la protection de la biodiversité et des droits humains. Les accords de commerce et de protection des investissements doivent au minimum respecter les dix principes fondamentaux pour un commerce juste établies par Greenpeace.

Greenpeace Suisse soutien le NON

Greenpeace Suisse n’est pas membre de la coalition “Stop huile de palme” et n’est pas en soi opposé à la production d’huile de palme et son exportation depuis l’Indonésie. L’huile de palme est une huile dont la production est marquée par un bon rendement à l’hectare. La production d’huiles végétales de substitution nécessiterait plus de terres et pourrait entraîner une déforestation plus importante. En tant qu’organisation internationale , nous prenons en compte les contextes spécifiques des pays dans lesquels Greenpeace est présente. Greenpeace Asie du Sud-Est travaille en Indonésie pour s’assurer que les communautés locales et indigènes produisent de l’huile de palme de manière durable et aient accès au marché, et dénonce la destruction de l’environnement et le blanchiment d’argent par les grandes entreprises active dans le secteur de l’huile de palme.

Pour arriver à une production durable de l’huile de palme, la clé de réside dans le soutien aux communautés locales et indigènes, qui s’efforcent de trouver un équilibre entre la protection des forêts et la production durable et s’appuient sur des concepts de production et de commercialisation basés sur la coopération.

Choisissez des produits frais!

Nous conseillons aux consommateurs de privilégier des aliments frais, non transformés et si possible issus d’une agriculture biologique et de considérer des cosmétiques naturels produits de manière biologique et contenant le moins possible de matières premières.


 source: Greenpeace