Accord de partenariat économique (Ape) : La Côte d’Ivoire dévoile sa stratégie

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Fratmat | 2 novembre 2017

Accord de partenariat économique (Ape) : La Côte d’Ivoire dévoile sa stratégie

par Anoh Kouao

C’est officiel depuis le 31 octobre ! La Côte d’Ivoire a présenté sa stratégie 2017-2020 de mise en œuvre de l’Accord de partenariat économique (Ape) avec l’Union européenne. Cet important évènement placé sous la présidence du chef du gouvernement, Amadou Gon Coulibaly, a eu lieu à la Primature au Plateau.

Elle se décline en vingt mesures regroupées autour de cinq axes. Ces derniers portent respectivement sur le renforcement de la gouvernance nationale de l’Ape, le renforcement de son appropriation nationale, la mise en œuvre des réformes de disciplines issues de cet accord. La stratégie ivoirienne, qui « constitue un signal fort » dans le cadre du raffermissement des relations avec l’Ue, comme le fait remarquer Jean-François Valette, ambassadeur de l’Ue en Côte d’Ivoire, met également un accent particulier sur la promotion et la prospérité des entreprises et la réalisation d’investissements structurants. « L’Ape est en parfaite cohérence avec les objectifs du Plan national de développement 2016-2020 », ajoute le chef du gouvernement. Pour Kaba Nialé et Ally Coulibaly, respectivement ministres du Plan et de développement et de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, cette mise en œuvre est profitable pour le pays.

Déjà que le gouvernement ivoirien est « convaincu que la mise en œuvre de l’Ape contribuera à la compétitivité de notre économie ainsi qu’à l’accroissement de la capacité de production, de transformation et d’exportation des produits agricoles et industriels ivoiriens ». Pour le Premier ministre, l’Ape pourrait favoriser la délocalisation et l’implantation en Côte d’Ivoire d’entreprises européennes et de pays tiers, particulièrement dans les secteurs de l’agro-industrie et des services associés. L’objectif étant d’accroitre la transformation des produits comme le cacao, l’anacarde, l’hévéa, etc. C’est pourquoi, il promet que le gouvernement mettra tout en œuvre pour poursuivre de vastes programmes de réformes sectorielles et structurelles. L’objectif étant de faire du secteur privé national et international le moteur de notre croissance économique. Celui-ci est appelé à investir dans le cadre du Pnd, (30 000 milliards de FCfa), 62% de ce montant.

Engagement du gouvernement

« Je peux vous assurer que les différents engagements contenus dans l’accord et traduits dans la stratégie seront tenus…», rassure le Premier ministre Gon Coulibaly, à l’occasion de ce lancement pour lequel ont également pris part des ambassadeurs de l’Ue, des représentants d’organisations sous-régionales, la société civile, le secteur privé. « Je prends ici l’engagement que chaque département ministériel, dans le cadre de la mise en œuvre du Pnd sera appelé à inclure dans ses plans opérationnels des actions liées aux engagements de l’Ape », ajoute-t-il.

La Côte d’Ivoire,qui, en attendant, s’est engagé dans un accord intérimaire, (2008, et ratifié en 2016) comme son voisin ghanéen, pour préserver leurs exportations avec un accès au marché de l’Ue en franchise de droit, espère tirer un profit encore plus important en allant à un accord régional. Malheureusement, sur le chemin, il y encore des obstacles. La Mauritanie, la Gambie et le Nigeria n’ont pas encore signé cet accord pour des raisons qui leur sont propres. Tout comme le Premier ministre, Jean-François Valette, encourage ces Etats à le faire.

La Côte d’Ivoire est le pays qui a le taux de commerce intra-africain le plus élevé, estimé à 34% contre 12% en moyenne pour le continent. Avec son partenaire européen, le volume des échanges a évolué de 2800 milliards de FCfa en 2011 pour atteindre à 4218 milliards de FCfa en 2016.

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