Accords commerciaux : où en est l’Union européenne ?

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Les Echos | 13 septembre 2017

Accords commerciaux : où en est l’Union européenne ?

par RAPHAEL BLOCH

Jean-Claude Juncker veut signer d’ici à 2019 un partenariat avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Un accord qui viendrait compléter un dispositif commercial déjà très dense.

Pour la Commission européenne, il en va de l’économie comme de l’humour : plus on est de fous, plus on rit. Alors que l’UE négocie actuellement une dizaine de partenariats commerciaux, Jean-Claude Juncker a annoncé ce mercredi vouloir signer un autre accord avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

« Je voudrais que tous ces accords soient finalisés d’ici la fin de ce mandat » en 2019, a expliqué le président de la Commission, lors de son discours-programme annuel sur l’état de l’Union européenne à Strasbourg. Depuis plus de quarante ans, l’UE a signé des dizaines d’accords dans quasiment toutes les zones géographiques du globe pour diminuer les barrières douanières et faciliter les échanges. Tour d’horizon des accords actuellement en négociation et de ceux déjà entrés en vigueur.

Les accords en négociation

La Commission mène plusieurs dossiers de front. D’abord celui sur le Traité transatlantique avec les Etats-Unis, appelé « Tafta », qui doit déboucher sur un marché de près d’un milliard de consommateurs. Tous les paramètres de l’accord sont presque arrêtés, mais Donald Trump a arrêté brusquement les négociations début 2017.

La Commission européenne travaille également avec le Canada et le Japon. Signé en début d’année, l’accord commercial avec Ottawa, baptisé CETA, prévoit la levée des barrières tarifaires des deux côtés de l’Atlantique. Censé entrer en vigueur provisoirement le 21 septembre, l’accord, qui a notamment fait l’objet d’une commission d’étude en France sur sa compatibilité avec l’Accord de Paris, peut encore être bloqué par les gouvernements nationaux.

Concernant les négociations avec le Japon, Bruxelles a signé en juillet un accord de principe avec Tokyo, préalable à un éventuel accord définitif (JEFTA). Lancées en 2013, les négociations de l’accord, conçu comme une réponse aux tendances protectionnistes américaines, pourraient déboucher sur l’un des plus gros partenariats de libre-échange de la planète.

Parallèlement à ces accords commerciaux, la Commission européenne travaille également sur plusieurs gros chantiers, mais à des stades un peu moins avancés. L’un des projets porte sur une zone de libre-échange entre l’UE et l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Ces négociations, lancées en 2007, mises de côté, puis relancées officiellement en 2015, coincent notamment sur la question des produits agricoles.

Toujours en Asie, Bruxelles maintient le dialogue avec la Chine et l’Inde. C’est surtout l’Allemagne, très dépendante des exportations de ses champions nationaux, qui plaide pour l’ouverture de négociations commerciales avec Pékin et New Delhi. Si aucune négociation n’a été ouverte avec le géant chinois, Bruxelles a entamé des négociations avec l’Inde en 2007, avant de les geler en 2013, notamment à cause de la volonté de Delhi d’obtenir le maintien de certains droits de douane.

Enfin, parmi les autres gros dossiers de négociation, on retrouve celui du Mercosur, le marché commun des pays d’Amérique du sud, sur lequel l’UE, et surtout l’Allemagne, espère avancer. Au printemps, Angela Merkel a plaidé pour la relance des négociations avec les six pays de ce marché, notamment pour contrebalancer le recul des négociations sur l’accord avec les Etats-Unis.

Les accords déjà signés

En attendant que toutes ces négociations aboutissent, l’UE a déjà signé des accords commerciaux, plus ou moins poussés, avec plus d’une trentaine de pays, notamment en Europe de l’Est et sur le pourtour méditerranéen.

Parmi ces accords commerciaux, on retrouve notamment ceux signés avec la Géorgie (2014) et l’Ukraine (2016), sources de tensions avec la Russie, ainsi que ceux avec des pays du Maghreb, comme le Maroc ou la Tunisie. D’autres pays ont également des accords de libre-échange avec l’UE, à l’image du Mexique ou de l’Afrique du Sud.

source: Les Echos