ALE Maroc-USA: Dure la compétition

L’Economiste | 10/6/2009

ALE Maroc-USA: Dure la compétition

- La Jordanie et l’Egypte, principaux concurrents sur le marché US
- Plusieurs difficultés pour y accéder
- Les échanges bilatéraux sont passés de 11,7 milliards à 21,4 milliards de DH en 3 ans

Trois ans après son entrée en vigueur, quel bilan pour l’accord de libre-échange (ALE) Maroc-Etats-Unis? Des opportunités commerciales importantes des deux côtés que seuls les Américains semblent saisir jusque-là.

En 2008, les exportations marocaines vers le pays de l’Oncle Sam ont enregistré une croissance sensible avec 5,6 milliards de DH contre 2,2 milliards en 2006. Cependant, l’export ne représente que 25,7% du volume global des échanges avec les Américains. «Ces chiffres restent en deçà des ambitions et ne reflètent pas les opportunités réelles offertes par ce méga-marché américain», a indiqué Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur lors d’un séminaire organisé, hier mardi, à Casablanca. Les échanges bilatéraux, eux, sont passés de 11,7 milliards de DH en 2006, date de la mise en œuvre de l’ALE, à 21,4 milliards en 2008, soit une augmentation de près de 83%.

La rencontre, tenue à quelques semaines de la 2e session du comité conjoint Maroc-USA, prévue pour juillet prochain à Washington, a été l’occasion de mettre en exergue les contraintes qui empêchent jusque-là le développement des échanges, surtout du côté marocain.

Une étude comparative de l’industrie du vêtement en Jordanie, Egypte et Maroc, commanditée par le programme nouvelles opportunités d’affaires (NBO), constate que le Maroc est fortement concurrencé par ces pays. Les exportations de la Jordanie et de l’Egypte ont connu une croissance fulgurante après leur ALE avec les USA. Selon Jeff Povolny, de NBO, «le timing a beaucoup joué en faveur de ces pays arabes. De plus, ils ont fait des choix judicieux, notamment la création de zones industrielles dédiées au textile-habillement».

Autre facteur qui affaiblit la compétitivité du Maroc: la durée de fabrication qui est très élevée comparée aux concurrents. De plus, les frais de la main-d’œuvre restent élevés comparés à ces pays. A cela s’ajoute le taux de change qui rend difficiles les transactions. La mauvaise passe qu’a connue le dollar ces dernières années a reposé la question de la dévaluation du dirham pour alléger les coûts des échanges.

Pour pallier ces contraintes, l’étude recommande au Maroc de s’approvisionner des pays de l’Asie, maintenir une présence dans les salons et expositions internationales et mettre en place une stratégie marketing dédiée.

A signaler que l’ALE Maroc/Etats-Unis, signé en 2004 et entré en vigueur le 1er janvier 2006, a pour objectif de permettre aux investisseurs industriels américains d’accéder, dans des conditions économiquement viables et flexibles, à un marché potentiel de plus de 1 milliard de consommateurs incluant l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. De leur côté, les opérateurs économiques marocains peuvent accéder au gigantesque marché américain et à ses millions de consommateurs solvables, dont le PIB par habitant dépasse les 45.000 dollars. La ligne maritime ouverte au port de Tanger, lundi dernier, devrait booster les exportations marocaines.

Tarik HARI

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source: L’Economiste