Algérie - accession à l’OMC : signature de 5 accords bilatéraux

Maghreb Emergeant | Mercredi, 29 Février 2012

Algérie - accession à l’OMC : signature de 5 accords bilatéraux

Cinq (5) accords bilatéraux ont été signés par l’Algérie dans le cadre du processus de négociation pour l’accession de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a annoncé mardi à Alger le directeur des relations avec l’OMC au ministère du Commerce, Mohamed El Hadi Belarima.

"Dans le cadre des négociations bilatérales, nous avons signé cinq accords. Il s’agit d’un accord avec le Brésil, Cuba, Uruguay, Venezuela et l’Argentine", a-t-il précisé lors d’une conférence sur l’OMC et le système commercial multilatéral, organisée par l’Institut diplomatique et des relations internationales (IDRI).

Les négociations en vue de la conclusion d’accords similaires avec l’UE, principal partenaire commercial de l’Algérie, et les Etats-Unis sont à un stade "appréciable", a indiqué ce responsable.

Les négociations pour la signature d’accords bilatéraux avec les autres pays membres de l’organisation se poursuivent toujours, selon M. Belarima, qui a indiqué que l’Algérie est sur le point de conclure avec la Suisse, l’Australie et la Nouvelle Zélande, alors que les pourparlers avec le Japon, le Canada, la Malaisie, la Turquie et l’Ukraine "avancent bien".

La longue marche de l’Algérie pour son adhésion à l’OMC est expliquée, en outre, par ce responsable par la volonté du gouvernement algérien de mener, d’abord, des réformes internes, de réussir la mise à niveau de certains secteurs susceptibles d’être menacés par la concurrence et d’arriver à une diversification de son économie.

"Le rythme des négociations est conduit par l’Algérie. Nous le faisons suivant nos capacités à prendre en charge un certains nombres de facteurs", a-t-il révélé.

Réaffirmant la volonté de l’Algérie à accéder à cette organisation, M. Belarima a affirmé, néanmoins, que l’Algérie reste "intransigeante" par rapport aux règles de l’organisation.

Confirmant la détermination de l’Algérie à devenir membre de l’OMC, M. Bessadik Mohamed, directeur des affaires commerciales multilatérales au ministère des Affaires étrangères, a estimé que "la prudence doit être de rigueur" dans le processus de négociations.

"Nous voulons faire partie de l’OMC, mais pas à n’importe quel prix. Il faut savoir protéger ses intérêts pour ne pas nuire à l’économie nationale", a-t-il soutenu.

Une feuille de route pour accélérer le processus de négociation d’accession de l’Algérie à l’OMC a été élaborée, selon M. Bessadik.

"Une série de rencontres bilatérales pour aplanir les différends et finaliser les accords est prévue pour ce mois de mars qui verra également la tenue d’une réunion informelle avec le groupe de travail de l’accession de l’Algérie à l’organisation en prévision de la réunion formelle prévue en juin", a-t-il fait savoir.

Selon ce responsable, le dossier de l’Algérie est ficelé et sera remis au secrétariat général de l’OMC pour être distribué aux membres de l’organisation après sa traduction vers l’anglais, langue de travail de l’OMC.
Ce dossier est constitué, a-t-il précisé, de trois documents : un projet de rapport, un état d’avancement des lois et un autre document relatif au commerce des services.

M. Bessadik s’est refusé, par ailleurs, à avancer une échéance précise pour l’accession à cette organisation, affirmant que l’Algérie "continuera à solliciter des périodes de transition" pour pouvoir mettre à niveau les secteurs qui nécessitent une telle opération.

"Nous avons sollicité des périodes de transition de trois types : court, moyen et long termes pour mettre à niveau les secteurs menacés par la concurrence en vue, aussi, d’accroître nos capacités de production. Certains membres de l’OMC sont réticents à ces haltes", a-t-il fait remarquer.

Le directeur des affaires commerciales multilatérales aux AE a indiqué, en outre, que l’Algérie a fait appel à l’action diplomatique pour faire avancer les négociations et lever les contraintes et conforter sa stratégie de négociation.

L’Algérie avait appelé à la simplification et à la facilitation du processus d’accession à l’OMC pour les pays en développement et les pays les moins avancés lors de la conférence ministérielle de l’organisation, tenue mi-décembre dernier à Genève. (APS)