Maroc : la société civile alerte le Parlement européen sur un « accaparement de terres collectives » à Tamtatoucht

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Ecofin | 20 mars 2018

Maroc : la société civile alerte le Parlement européen sur un « accaparement de terres collectives » à Tamtatoucht

Dans une lettre ouverte au Secrétaire général du Parlement européen intitulée « Accaparement de terres collectives et vol de biens publics au Maroc », le Syndicat national des petits paysans et professionnels forestiers dénonce les risques encourus par les populations de Tamtatoucht, au Sud-Est du Maroc, dans le cadre de la réalisation du projet de barrage touristique de Toudgha.

« Ce projet, lancé par Aziz Akhannouch, chef et patron des terres et mers au Maroc, est destiné à enrichir ses amis spéculateurs fonciers par l’exploitation des terres collectives des tribus amazighs Ait Merghad, une population d’environ 50 000 habitants, et de la commune d’Ait Hani, à laquelle Tamtatoucht appartient, qui compte 18 000 habitants. C’est une autre façon d’occuper les terres des paysans pauvres tout comme le projet dit de port touristique à Al Hoceima, les complexes immobiliers Marina à Agadir et d’autres à travers le Maroc. Le seul but de ces prédateurs est d’occuper les 20 millions d’hectares de terres collectives qui contiennent entre autres des mines d’or et d’argent. Ces terres sont arrachées à leurs vrais propriétaires, les paysans amazighs déjà appauvris par les lois coloniales françaises.», s’indigne notamment le syndicat.

Les plaignants rappellent également que depuis le début des travaux en février 2017, les riverains ont usé de multiples stratégies pour manifester leur mécontentement, notamment par des sit-in et des manifestations qui ont été réprimées et ont abouti à des condamnations à des peines de prison. D’où l’appel à l’aide lancé en direction de Strasbourg.

« Nous vous demandons, monsieur le Secrétaire général, de transmettre notre lettre aux parlementaires pour les informer d’une situation grave que leur silence ne ferait que cautionner. L’Union européenne, de par ses accords d’association avec le Maroc, est partie prenante dans le conflit entre le régime marocain et les paysans. Il nous semble donc urgent que le Parlement adopte une résolution exigeant du Conseil qu’il rappelle au gouvernement marocain ses engagements à respecter les droits de l’homme et les principes démocratiques, pris dans les accords d’association avec l’UE. », conclut le syndicat.

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source: Ecofin